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Evolutions: Meilleurs voeux à tous pour 2012
Vendredi 15 avril: Joyeuses fêtes de Pâques à tous! Dimanche 23 janvier: Une pensée pour Joël, déjà 4 ans! 1er janvier 2011: MEILLEURS VOEUX A TOUS, JOIES BONHEUR ET SANTE! Samedi 25 décembre 2010: JOYEUX NOEL et Bonnes fêtes de fin d'année à tous! Mercredi 8 décembre 2010: -Nouvelles photos Samedi 23 janvier: Une pensée pour Joël, 3 ans déjà ! Vendredi 15 janvier: MEILLEURS VOEUX A TOUS POUR 2010! (voir livre d'or) Vendredi 25 septembre 2009 Bonjour à tous! Mardi 07 avril: JOYEUSES FETES DE PAQUES A TOUS Samedi 24 janvier: - 1 nouvelle photo de foot - 1 nouvelle photo ancienne Les noms plus tard Vendredi 23 janvier: Une pensée pour Joël, 2 ans déjà! Lundi 12 janvier: -Photo de crèche 2008 Dimanche 11 janvier 2009: - PHOTOS HIVER 2009 2 janvier 2009: BONNE ANNEE ET BONNE SANTE A TOUS! Lundi 22 décembre: Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d'année à tous!
Lundi 1er septembre: L'exposition est reportée. Je vous reconfirmerai les dates. Bonne rentrée à tous! Vendredi 13 juin -2 nouvelles photos souvenirs L'exposition sur "Aubrives hier à aujourd'hui" est prévue pour les 13 et 14 septembre Vendredi 04 avril:-nouvelle photo souvenir (les noms plus tard) BONNES FETES DE PAQUES A TOUS VENDREDI 21 MARS: nouvelle photo souvenir mardi 26 février:-nouvelles photos souvenirs une pensée pour Joel qui nous a quitté le 23 janvier 2007 Samedi 19 janvier 2008:-nouvelles photos souvenirs Dimanche 23 décembre 2007: photos de Noël Samedi 10 novembre:- 2 nouvelles photos souvenirs Lundi 15 octobre 2007:- ajout des noms Mardi 9 octobre 2007: -1 photo d'école Vendredi 5 octobre 2007: -1 nouvelle photo d'école Jeudi 13 septembre 2007: - 2 nouvelles photos d'école Dimanche 31 Décembre 2006: - 3 nouvelles photos du Football aubrivois. - Amélioration de la plupart des photos d'école ( meilleure résolution et dimension plus importante si l'on prend soin de l'agrandir à 2 reprises) ( les NOMS ont, par contre, disparu, mais ils seront réinsérés progressivement). -----oooo0oooo-----
Sans ambition démesurée, j’ai voulu ici créer un petit site de SOUVENIRS ( d’ECOLE en particulier)…. d’HISTOIRE ( récente…. l’autre, la vraie a été traitée par des gens bien plus compétents…)… de DISCUSSIONS et COMMENTAIRES sur la vie du village ( dans le plus total respect des personnes, bien sûr). Des rubriques pourront venir dans une foire aux questions/réponses… débordant largement la vie de notre village….et qui restent à construire... Le forum accepte toutes les questions et peut permettre un échange, aussi bien avec l'auteur, qu'entre les visiteurs... ( Pour visualiser LES PHOTOS dans de bonnes conditions( rubrique " Photos"), il est nécessaire de les agrandir à 2 reprises!!! cliquez une fois sur la miniature, puis une nouvelle fois sur la photo qui apparaît) Pour les photos de FOOT, elles apparaisent maintenant, pour la plupart, en " plein écran" lors du second " clic". Pour les autres, je vais tâcher de faire de même, mais progressivement....car c'est un gros travail de préparation....
Si vous possédez d'autres photos intéressantes ( d'école... de personnalités qui ont marqué notre village...., du football aubrivois.....d'événements marquants.....)........................et si vous voulez bien me les faire parvenir, je les insérerai avec plaisir, (avec le nom du propriétaire s'il l'autorise ou en toute confidentialité...). C'est un des buts recherchés: - Fournir des souvenirs à ceux qui habitent loin... - Collecter, de loin, des documents qui ont quitté notre village avec les familles.
Dans la rubrique " ARTICLES", les photos n'apparaissent pas quelquefois.... Le serveur d'images ( site différent...) dont elles dépendent est SATURE.... et l'interaction ne peut donc se faire. Il faut attendre...... et y revenir à un moment où les internautes sont moins nombreux.
LIENS: ( cliquez dessus, tout simplement....) Un site intéressant si vous avez fréquenté les écoles de GIVET: http://charlotte.rueduparadis.fr/ Et si vous désirez voir votre village... voire votre habitation par satellite.... voici un autre lien. ( Lorsque vous obtenez le lien, il faut vous déplacer jusqu'à cadrer Aubrives.... sur lequel vous pourrez Zoomer à loisir....)
Les nouveaux lotissements
Dans les années 1960, beaucoup de personnes travaillent à lextérieur dAubrives, mais ont choisi « de bâtir au village ». La commune a pris le parti de vendre les terrains à un prix dérisoire et beaucoup vont construire leur habitation « de leurs propres mains ». En quelques années, surgira la quartier du TIQUENE sur les terres « Pré St Maurice et Le Tiquené » Beaucoup plus tard, vers 1987, 1990, un lotissement dit « EDF » va venir compléter un groupement de maisons individuelles construites de la même façon que celles du Tiquené, derrière celui-ci, et que lon nommera Lotissement « TERRE QUERELLE ». Cest le plus récent. Aujourdhui, le village dAubrives fait figure de village dortoir car une partie importante des habitants actifs travaillent à lextérieur. Tags associés : lotissements
Mercredi 01 Novembre 20062 commentaire(s)
Lusine (Tout ce chapitre est emprunté au mémoire que javais présenté lors de ma sortie de lEcole Normale en 1965, et qui avait pour titre: « La fermeture de lusine dAubrives ») HISTORIQUE Les usines dAubrives datent de 1858. On ne sait pas exactement quel en fut le fondateur, car vers 1860, elle compte simplement un atelier qui est la propriété de deux associés. En 1894, se constitue la Société Métallurgique dAubrives et Villerupt ( S.A.V). Les usines de Villerupt, pour leur part, datent du XVème siècle environ. Elles se situent à lextrémité du bassin minier de Longwy;, à la frontière du Grand Duché de Luxembourg, dans le département de Meurthe et Moselle. Lassociation de ces deux usines conduit à des spécialisations, cest ainsi que: · A Aubrives se trouveront les fonderies et ateliers de construction · A Villerupt, seront groupés les mines de fer, les hauts-fourneaux et également dautres fonderies. Lapogée économique se situe, à Aubrives, vers les années 1930. A cette époque, elle occupe 600 ouvriers, dont une cinquantaine de femmes concentrées dans un atelier de « Torcherie » ( le rôle de cet atelier est de confectionner des torches de paille pour placer autour des « noyaux » de fonte. Seulement, quelques années plus tard, les torches arrivent toutes faites, et la direction de lusine se voit obligée de supprimer cet atelier spécial. Les femmes sont donc réparties dans les ateliers de « noyauterie » ou utilisées comme « pontonières » Vers 1934, une crise de production survient. On décide de ne plus fabriquer de tuyaux, cette industrie nétant plus rentable. Subitement, le total des ouvriers tombe à 350 ( plus 45 appointés). Les ouvriers sont obligés de sexiler vers la vallée de la Meuse ( Fumay, Haybes, et surtout Revin), où les places sont nombreuses, bien payées, et surtout beaucoup plus stables. A compter du 8 novembre 1960, un nouveau changement survient. Le groupe sidérurgique de Pont à Mousson, devenant majoritaire des actions, absorbe la Société Aubrives et Villerupt, qui garde toutefois son nom, mais qui conduira à une nouvelle orientation des productions. Au point de vue effectif, le nombre douvriers se stabilise, jusquen 1963, autour de 350 à 380. Lactivité de lusine La fonte utilisée arrivait de lusine de Villerupt qui, elle, possédait les mines et les hauts-fourneaux
.par wagons SNCF (* directement dans lusine, sous la forme de « gueuses ») et à partir de 1961, par camions. La fonte phosphoreuse fut remplacée pendant un certain temps par de la fonte hématite; ce changement dans la qualité était nécessité par la production de pièces coulées pour machines outils, à la suite des démarches entreprises par les sociétés SOMUA et ERMAUT. Il y eut également des productions effectuées, grâce à cette variété de fonte, pour les camions SAVIEM. Enfin, le sable, le coke, les ferrailles, arrivaient régulièrement par wagons SNCF, à la cadence de quatre wagons par jour environ.
LES SPECIALITES DE LUSINE Des tuyaux pour conduites deau, de gaz, dair, de mazout
.. et des raccords pour ces tuyaux. Des appareils de fontainerie et tous les accessoires pour distribution de leau, tels que: robinets-vannes, bornes-fontaines, bouche darrosage, de lavage et dincendie, clapets de retenue, crépines, bondes de fond, ventouses, robinets darrêt à boisseau et à clapet. Des sabots de freins pour wagons et tramways. Des barreaux de grilles pour locomotives. Des blocs de lestage. Des « bittes damarrage » pour la navigation, des fontes usinées pour appareils hydrauliques. LES PRODUCTIONS En 1960, la production des usines dAubrives, était, par semaine, de: · 80 tonnes de tuyaux. · 380 tonnes de raccords de canalisation et de petites pièces. · 60 tonnes de pièces pour le montage des appareils · 80 tonnes de tables de regard et de grilles dégoûts. Cette production était dirigée vers Villerupt par chemein de fer, à raison de 6 wagons par jour. Cependant, cette production de 1960 ne fut pas la seule forte. En 1930, la production était de 600 tonnes par mois. En 1958, la production des raccords atteint 600 tonnes
.. En 1962, la production natteint plus que 4 à 500 tonnes par mois. Enfin, dès le début de novembre
. la production est dérisoire. LES COMMANDES Les commandes étaient directement adressées à lUsine de Villerupt, qui se chargeait de les transmettre à Aubrives. Elles provenaient indifféremment de tous les pays du monde, mais on note surtout de grosses commandes dARGENTINE, du PEROU, dINDOCHINE, dALGERIE, TUNISIE, MAROC, de YOUGOSLAVIE
. Sur la fin, on note encore des commandes du LIBAN, de lIRAN et dURSS. Quelques exemples de travaux
.. · De 1935 à 1958, pour EDF/GDF, 29640 tonnes de tuyaux · De 1935 à 1958, encore, pour la société SECONAM ( Afrique du Nord), 16090 tonnes de tuyaux · Pour lArgentine, 41000 tonnes · Pour le Brésil:17250 tonnes pour RIO DE JANEIRO; 24000 tonnes pour SAO PAULO · De 1904 à 1905, pour le Mexique ( Ville de CORDOBA) 11000 Tonnes · De 1937 à 1957
..une livraison de 3880 tonnes de tuyaux pour la ville de Charleville
La société Métallurgique dAubrives & Villerupt (daprès le Bulletin municipal du 14 Octobre 1989) La Société dAUBRIVES et VILLERUPT a été constituée le 15 Septembre 1894, date à laquelle la Société dAubrives reprit à la société de CHATILLON-COMMENTRY-NEUVES MAISONS, le bail quelle détenait sur les Mines et Usines de Villerupt. Mais, avant cette réunion, les deux branches constituant la S,A.V. avaient eu leur existence autonome. C'est ainsi que lUsine d'AUBRIVES a été fondée en 1858 par la Société DE VENNES de LIEGE. En 1881, un incendie détruisit la presque totalité de lUsine, mais elle fut immédiatement reconstruite et considérablement agrandie En 1884, Monsieur de LA VALLEE POUSSINS constitue avec lUsine d'AUBRIVES une Société dénommée "Société Anonyme des Forges et fonderies d'AUBRIVES". Cette Société fut mise en liquidation en 1887 et vendue à Monsieur CASSION BON. La Société Générale de Belgique acquit des intérêts importants dans la Société ; cest elle qui en provoque la liquidation par une décision de lassemblée du 21 Août 1894, en raison de lapport de lactif dans la formation, avec les Usines de Villerupt, dune nouvelle société dénommée Société Anonyme Métallurgique dAUBRIVES & VILLERUPT , qui fut constituée le 15 Septembre 1894, par actes passés devant Maîtres DUFOUR et CHAMPETIER DE RIBES, notaires à Paris. A cette époque., lUsine était desservie par un raccordement avec les Chemins de Fer de lEst et par les gares de GIVET et VIREUX ( AUBRIVES nétait quune halte ouverte au service des voyageurs). Un canal dembarquement, relié à la Meuse, la mettait en communication avec tout le réseau des canaux français et belges et lui facilitait ses approvisionnements en matières premières et ses expéditions en produits finis. LUsine était spécialisée dans la fabrication des tuyaux pour conduites deau, de gaz, dappareils de fontainerie ( robinets, vannes, bouches dincendie, bornes fontaines
du matériel de chemin de fer et des tramways, de fontes mécaniques
) et écoulait sa production sur les cinq continents. La Société connut une période difficile durant les années 1900 en raison de la concurrence des autres producteurs tuyaux en fonte. Grâce à lapport de nouveaux capitaux et dune gestion rigoureuse, les résultats positifs suivirent: voici un extrait du journal « LUsine » qui en atteste ( 1910). " Cette importante Société Métallurgique continue, sous l'énergique impulsion de ses nouveaux directeurs, à augmenter sa vitalité et à accroître encore la prospérité auxquelles l'avait amenée l'ancien Directeur, Mr JACQUEMART. L'Exposition de BRUXELLES l'a témoigné manifestement par son stand magnifique et même grandiose, lequel représentait la synthèse de sa fabrication de toutes les fontes qui entrent dans les canalisations d'eaux et qui représentent un tonnage annuel de 50 000 tonnes minimum. Aussi, le jury lui a décerné un diplôme d'honneur, récompense qui a un mérite tout particulier quand on sait qu'elle se trouvait dans la section de la grosse métallurgie, à côté des plus puissantes firmes de notre industrie française..." Pendant la guerre 14/18, lUsine subit la rigueur de loccupation. Après avoir cessé la fabrication entre 1914 et 1916, lAutorité Allemande pria le Directeur de remettre lUsine en marche, en vue dy effectuer les fabrications quelle lui demanderait. Ce dernier sy refusa et les Allemands prirent possession de lusine le 18 Juillet 1916, en expulsèrent tout le personnel et assurèrent eux-mêmes la gestion. En raison de lopposition mise par les ouvriers de lUsine à travailler pour les Allemands, ces derniers firent arrêter le Directeur, Monsieur BERTIN et son adjoint, Monsieur MASSON, et les firent enfermer dans la forteresse de Namur, où ils subirent 3 mois de captivité; ils ne furent libérés que moyennant une caution de 200 000 francs. Durant cette période, la majeure partie des appareils de fontainerie qui restaient en magasin furent détruits pour en retirer le bronze, le caoutchouc, le cuir. Au dernier moment, lors de lévacuation de Novembre 1918, des destructions systématiques furent amorcées, mais les Allemands neurent pas le temps de les continuer. Après lArmistice, la Société reprit possession de son usine dont les éléments essentiels ( bâtiments, machines, gros outillages) étaient à peu près intacts, mais dans un état pitoyable, par suite du manque dentretien; en outre, tout le petit outillage, les approvisionnements, magasin et stocks avaient pratiquement disparu en totalité. La réorganisation industrielle, malgré toutes les difficultés de cette période daprès-guerre, fut rapide. LUsine, limitée surtout par le manque douvriers, ne tarda pas à reprendre son activité davant-guerre. Leffort de modernisation se poursuivit jusquen 1930, date de son apogée. A cette époque, on comptait environ 800 personnes, dont une cinquantaine de femmes. La crise que traversa lindustrie sidérurgique dans les années1930 à 1934 fit tomber le personnel à 400 personnes. En 1936, lAssemblée Générale décida le transfert du siège social à VILLERUPT dont lUsine était beaucoup plus importante. Durant la seconde guerre mondiale, la production fut continue, loccupant allemand ayant besoin des tuyaux pour les réparations en Allemagne, consécutives aux bombardements. Jusquen 1955, la Société assura une certaine prospérité. En 1960, la S.A.V. fut absorbée par le groupe sidérurgique de PONT A MOUSSON, qui restructura la production des différentes unités pour fermer définitivement lUsine le 28 Mars 1964. Cette fermeture fut reçue comme un choc par toute la population aubrivoise. ( Les chapitres la vie sociale dans lusine et lUsine dans le village sont le résultats dun travail effectué dans le cadre dun stage à lécole Normale en 1984 par les Instituteurs suivants : TERNISIEN Gérard, MORLET Joël, MARTIN Joël) 1 - La vie sociale dans l'usine: Le jeune pouvait entrer à l'usine dès la fin de sa scolarité, c'est-à-dire 12 ans dans un premier temps, et 14 ans par la suite. Placé sous 14 survei1lance d'un bon ouvrier, il apprenait sur le tas son futur métier. Après 1940, la S.A.V., crée un Centre d'apprentissage dans l'usine, animé par quelques bons ouvriers pour la partie technique et des diplômés pour la partie théorique. Les élèves sont présentés aux épreuves du certificat d'aptitude professionnel. Un ouvrier pouvait prétendre à une promotion (chef déquipe, contremaître, à deux conditions essentielles: - La qualité exemplaire de son travail, . - Le dévouement total et visible à l'équipe dirigeante de l'usine. L'ouvrier recevait, suivant ses mérites, des distinctions (médailles, diplômes) récompensant plusieurs années de bonne conduite, de dévouement et de fidéIité à l' employeur . . Voici un extrait de discours prononcé par Monsieur JACQUEMART, (Directeur de la S.A.V. et Maire d'AUBRIVES jusqu'en 1909) , à l'occasion d'une remise de médailles J'ai voulu donner, cette année. un éclat tout particulier, à la célébration de la Fête Nationale du 14 juillet, pour vous prouver tout le prix que j'attache aux distinctions dont vous allez être l'objet. La médaille d'honneur que seize d'entre vous vont recevoir, leur est décernée par la gouvernement de la République à titre de récompense pour leurs bons et loyaux services. Pour l'obtenir, il vous a fallu fournir trente années de labeur constant et régulier, par conséquent trente années de bonne conduite, de dévouement et de fidélité à ceux qui vous ont employé. C'est donc toute une noble existence de travail qui reçoit ici, en chacun de vous, sa récompense et vous l'avez bien méritée. A tous ces titres, mes amis, vous avez aujourd'hui le droit d'être heureux et fiers, et je vois à votre émotion que cette journée sera parmi une des plus belles de votre vie. Vous conserverez précieusement la médaille, et le diplôme qui vont vous être remis; vous leur donnerez la place d'honneur à votre foyer, afin que vos enfants et petits enfants puissent se rappeler en les regardant que c'est par le travail et la fidélité au même patron que l'on parvient à conquérir l'estime de tous les gens de cur dont je suis heureux de vous transmettre l'assurance aujourd'hui. " Devenir employé et bénéficier de certains privilèges (paie continue par mensualisation, même pendant les périodes de maladie, bien avant l'institution de la Sécurité Sociale, droit de chasse, attribution d'un logement plus spacieux, etc
) , était chose très rare pour un ouvrier.
Avant 1936, un ouvrier travaillait 54 heures par semaine (6 jours à 9 heures), durant 52 semaines. Seuls les dimanches, quelques fêtes religieuses, la Saint ELOI, étaient chômées. En 1936, la semaine est ramenée à 48 heures, les salaires augmentent substantiellement. La première semaine de congés payés est attribuée aux ouvriers qui ne quittent cependant pas le village, faute de moyens. Jusqu'en 1936, Il n'y a eut aucune vie politique et syndicale dans l'usine. Les ouvriers se gardaient bien d'afficher leurs idées (même à l'extérieur), car s'opposer à l'équipe dirigeante, pouvait entraîner le renvoi pur et simple, suivi du refus d'embauche par les usines avoisinantes du secteur. En 1936, apparaît un syndicat C.G.T., crée par des gens venus de l'extérieur d' AUBRIVES. La direction riposte en instituant un syndicat d'employés, et supprime des activités gratuites quelle organisait pour son personnel: Harmonie, théâtre
2 - L'Usine et le Village. La population A l'époque de son apogée, lUsine a employé 800 personnes. Bien entendu, cette main d'uvre n'était pas exclusivement locale. Une population étrangère nombreuse est venue s'installer dans le village: - les travailleurs belges: Ils venaient, pour la plupart, à pied ou a bicyclette des villages avoisinants (Gimnée, Vaucelles, Doisches, Romedenne, Beauraing, jusque WELLIN) le lundi matin très tôt et repartaient le samedi, en fin d'après-midi. Ils travaillaient, cuisinaient et se nourrissaient dans l'usine de victuailles qu'ils avaient apportées pour la semaine. Le soir, ils fréquentaient les "bistrots" (nombreux) du village.Ils dormaient dans les combles (sommairement aménagés en dortoirs) de ces bistrots. : - les travailleurs italiens: Ils arrivèrent d'abord seuls, des Marches et de l' Italie du sud. Ils firent venir leur famille, dans les trois ou quatre années qui suivirent et se logèrent dans les BARAQUES (baraquements en bois). Ces habitations sont toutes disparues; elles étaient situées dans l'actuelle rue des Chalets.
Les " HLM" et les "Baraques".
Cette affiche de 1939 témoigne de la présence des Italiens dans la vie associative aubrivoise. Barrée aux couleurs italiennes et françaises, elle montre aussi combien la communauté sest fondue rapidement dans la vie du village. - les travailleurs nord-africains: Ils arrivèrent après 1945, d'abord seuls, et occupèrent LA CANTINE de l'Usine, aménagée dans le Centre du village. Ces bâtiments rénovés ( lancienne ferme Burniat) existent toujours; ils ont été transformés en maisons d'habitation. L'immeuble collectif comprenait 21 chambres et 108 lits. Puis ils firent venir leur famille quelques années plus tard et occupèrent progressivement les H.L.M. construites à partir de 1950. .LES HABITATIONS (Les cités)
L'usine était propriétaire de 44 maisons, formant 98 logements de 2 à 11 pièces, avec 96 jardins. Le lotissement "DES CITES" a été construit en deux étapes: de 1890 à 1910 et de 1930 à 1940. Les logements étaient pratiquement gratuits et attribués selon le poste occupé dans l'Usine. Leur entretien était assuré par un service spécial de l'Usine. Pratiquement toutes les maisons avaient une surface identique et étaient distribuées de la façon suivante: - la famille d'un ouvrier occupait 1/4 de la Maison, - la famille d'un employé occupait 1/2 de la Maison, - la famille d'un ingénieur occupait la maison complète Le Directeur, quant à lui, occupait le "Château" contigu à l'usine (Face au square actuel de la Salle des Fêtes). On pouvait ainsi surveiller l'entrée et la sortie des ouvriers. Les maisons des ingénieurs étaient situées en tête de chaque rue des cités (surveillance des allées et venues des ouvriers). Un changement de classification au travail entraînait un changement de logement plus vaste, L'ouvrier avait droit à deux lampes électriques dans son logement, alors qu'un employé possédait l'éclairage dans toutes les pièces. ( Lélectricité était produite et acheminée par lUsine elle-même).
LA VIE DANS LE VILLAGE Nous relatons, ci -après, un extrait du discours, datant de 1910, de Monsieur BERTIN, directeur de l'Usine de 1909 à 1935, qui vante les bienfaits apportés par la S,A. Villerupt au village d'AUBRIVES. Il y a quinze ans, AUBRIVES était un véritable bourbier. A présent, les ruisseaux sont couverts, les rues bordées de caniveaux, l 'hygiène est partout. Les lampes électriques dans les rues les plus propres vous apportent gratuitement la lumière dans les soirées d'hiver. Toutes améliorations pour lesquelles le concours de l'Usine n'a jamais fait défaut. L'usine a apporté un plus dans la vie sociale et culturelle du village. Voici un autre extrait du discours de M. BERTIN, qui illustre ces propos, prononcé lors de l'inauguration de la Salle des Fêtes (1909) aux membres du personnel: "La S.A. Villerupt aide de son mieux tous vos essais de solidarité. Elle subventionne votre mutuelle, elle s'intéresse à votre coopérative, elle a aidé l'installation et contribue à l' entretien d'une garderie d'enfants. Elle a crée une Ecole d' apprentissage. Elle a décidé d'aider les parents à préparer une situation à leurs enfants: c'est ainsi qu'elle accorde les bourses aux fils d'employés et d'ouvriers qui seront admis au concours d'entrée dans une des Ecoles Nationales d'Arts et métiers " . La Salle des Fêtes, construite en 1910, était la Salle des Familles, la Demeure de la joie . L'accès de cette Salle était gratuit et réservé au personnel de l'usine et à leur famille
On retrouvait là aussi la hiérarchie de l'usine dans le placement des spectateurs: le balcon réservé au patron et ingénieurs, le fond de la Salle aux employés, les places avant aux ouvriers. Dans cette salle, on organisait du théâtre, des séances de cinéma, des concerts (Harmonie de l'usine) des fêtes diverses (Fête de Noël, Fête des Mères, Fête de la remise de Médailles, Fête de la Saint Eloi, de Saint Bolèche ...) Après la première guerre mondiale, l'usine crée un parc des sports, qui est encore utilisé de nos jours. En conclusion de ce chapitre, nous reprendrons une phrase prononcée par madame MASSON, (épouse de lancien sous-directeur et fille de Monsieur Grunenberger), ( lors de linterview quelle avait accordée aux trois auteurs de cet article) et qui illustre parfaitement ce que lUsine représentait pour la Commune. "LE VILLAGE, C'ETAIT L'USINE".
Malgré les espoirs quavaient fait naître les bonnes marches des années 60, 61, certaines rumeurs refroidissent les ardeurs ; et ces rumeurs ne tarderont pas à se confirmer de plus en plus
.. Après bien des déceptions et des désillusions en 1963, le 28 MARS 1964, lusine ferme officiellement ses portes, sans quaucun repreneur se soit manifesté. Voici à ce sujet, un descriptif rédigé par la Société Pont à Mousson et destiné aux entreprises susceptibles d'assurer une reprise.
Tags associés : usine
Samedi 28 Octobre 2006Poster un commentaire
Par tradition orale, j'ai toujours entendu mon père nommer certaines maisons, de par le nom d'un propriétaire. J'ai tenté de les replacer....
Vendredi 27 Octobre 2006Poster un commentaire
Voyons comment, d'un ancrage rural, le village va insensiblement évoluer vers une vocation industrielle.
Comme dans la majorité des villages d'alors, la vie ne débordait pas beaucoup les frontières des hameaux . On vivait, travaillait, achetait, s'amusait, et mourait au village
La place de lEglise avec le « Comptoir Français », la café « chez Marie Minaire » et « chez Marie Wuidart » ![]() Le « café COUTARD » au premier plan; au second plan, le boulanger MOUVET devant sa boulangerie, et en face sa charrette qui servait aux livraisons. Je ne veux surtout pas jouer un rôle dhistorien pour lequel je nai pas de dispositions. Toutefois, en consultant les registres de délibérations municipales, quelques anecdotes méritent une petite parenthèse. Voici copie du compte rendu de Conseil municipal daté du 21 Janvier 1897
...Aubrives a longtemps connu une vie rurale... Les fermes ont été pendant une longue période, lactivité essentielle du village. La ferme LAMBEAU, dabord en métayage, La ferme GOFFIN Les fermes BURNIAT La Cense La Haye. De temps immémoriaux, on cultivait à Aubrives: pour alimenter le château de Hierges, les habitants des deux villages, les gens darmes, les artisans
La culture de blé, dorge, davoine avait également dautres buts que lalimentation des habitants: la volaille, les chevaux de trait nécessitaient des cultures spécifiques. Les vaches nétaient pas obligatoirement élevées, pendant très longtemps, pour la viande, comme aujourdhui, mais pour le lait, le beurre et accessoirement lalimentation des porcs ( par un mélange de son et de « petit-lait » résultant de la fabrication du beurre). Les chevaux en particulier étaient particulièrement bien soignés, dans la mesure où ils joueront longtemps un grand rôle; ces chevaux réputés ( « le cheval de race ardennaise, lourd , résistant et très puissant ») furent longtemps utilisés au labour, pour les moissons, le transport de la paille ou du foin sur dénormes charrettes, le transport du fumier (pour amender les champs) grâce à des « tombereaux ( lancêtre de la « benne basculante », et également, bien sûr pour le hâlage des péniches. La « Maison NOISIER », sur la rive droite de la Meuse, (aujourdhui disparue )proposait aux mariniers de haler les péniches à partir de Givet, jusquau passage deau aubrivois en passant par la boucle de Chooz; les hauts fonds sur lesquels raclaient quelquefois les péniches nécessitaient une traction plus puissante dune part, et la connaissance des gués et chenaux plus propices dautre part.
Cette petite vie rurale va sadapter au fil du temps, mais perdurera jusque vers les années 50: le « Margottin », en tôles de fer cette fois, continuera à exercer son activité, après les diligences, pour aider au passage des chevaux de traits pour péniches de la rive droite à la rive gauche, le chemin de halage changeant de bord, juste à cet endroit. Ce sera ensuite le tour des tracteurs automobiles dutiliser les compétences du « passeur ». Finalement, à cause de linstallation de moteurs Diesel sur les péniches,cette barge pourrira sur place, avant dêtre définitivement détruite. On peut cependant observer, encore aujourdhui, à lendroit appelé « embarcadère ou passage deau », la conformation particulière du rivage, qui permettait à cette embarcation daccoster « à niveau » . Un pylone ( toujours existant, à un cinquantaine de mètres en amont, permettait, grâce à un cable, dassurer le passage, en même temps quil garantissait la sécurité. A propos des péniches, beaucoup de souvenirs attestent de lévolution du halage. Si tout le monde a entendu parler des chevaux de trait qui contribuaient au déplacement des chalands, on sait moins que la « traction humaine » était encore en vigueur vers 1940, et que souvent, les péniches arboraient une voile pour aider également.
Un peu plus en retrait, ce quon appelle encore aujourdhui la « maison Masson » doit son origine à la famille Mestellart qui en avait fait une résidence; la « ferme Lambeau » , propriété attenante, était exploitée par des métayers Autour de ces premières activités, très étalées dans le temps, dautres familles viendront installer de petites fermes. · La ferme Burniat ( proche de la ferme Lambeau) · La ferme Goffin · Plus tard, la ferme Burniat , proche de lactuelle école primaire, qui deviendra avec lusine, « La Cantine » Et dautres activités complémentaires suivront au fil des ans et des besoins: · UNE FORGE ( La forge GAUMIN) · UNE BOULANGERIE qui sadjoindra une petite alimentation ( DEROCHE/DRICOT) · UNE MERCERIE suivra à la maison COLLIN · Sans compter les innombrables « Cafés » auxquels on pourra consacrer un chapitre particulier. Pour ne pas oublier lEducation ( non obligatoire encore), une petite garderie était gérée par des surs, dans la rue actuelle du Père Georges
Et évidemment, lEglise avec son presbytère et son cimetière attenant finalisaient lévolution ( que lon pourrait qualifier de rurale en regard de lessor qui suivra à partir des années1850) A noter que la rue du Père Georges, anciennement dénommée « rue du Presbytère », recèle un linteau sculpté et daté digne dintérêt pour ce qui regarde les activités artisanales annexes. La rue qui lui fait suite, « la rue des orfèvres » nous donne une indication supplémentaire en ce sens. Elle aboutit dailleurs aux bâtiments très anciens de la Prévoté ( Datés de 1585), avec deux postes de garde adjacents qui pourraient nous faire penser à un poste de police actuel. Le rôle de ces « Gens dArmes » consistait effectivement en une surveillance étroite de la Meuse, sous le contrôle du château de Hierges. ( Monsieur Goffin raconte à ce sujet, quune ordonnance exigeait que les vergers qui se trouvent dans lalignement Château de Hierges - Prévôté dAubrives, soient convenablement entretenus et taillés pour facilité la vue entre les deux bastions) Il existe une interaction obligatoire entre les développements consécutifs du village et laccroissement de la population: plus lactivité se développe et plus la main duvre est nécessaire. Plus elle saccroît, et plus les services se développent également, accompagnés dun urbanisme adapté. Et comme le village continue à se développer, il va sétendre ensuite vers la forge et lenglober. Les constats que lon propose maintenant sont bien plus récents et peuvent se situer au début du siècle dernier. La population augmentant, la construction « dun groupe scolaire avec Mairie » est décidé .
Aubrives, vers 1950.
La ferme Burniat est très importante et ses locaux en témoignent ( Cest ce quon appelle aujourdhui « La Cantine »); un abreuvoir en pente douce, ( particulièrement boueux), qui subsistera jusque dans les années 1960, permettait aux vaches de se désaltérer de leau du ruisseau, là où se trouve aujourdhui le parking face à lécole. La ferme Goffin, non loin de là, sétait développée également de façon très importante. Sa grange, en avancée sur le rue ( et qui va brûler en 1969) était dénommée « grange de la dîme » en souvenir du temps lointain où elle participait à la part ecclésiastique des récoltes. Un Hôtel ( Marie Wuidart, sur la place de lEglise), accueillait les voyageurs. Il est assez symptomatique de constater lhistoire du Ruisseau de Prailes. Comme nous le savons, un de ses deux bras traversait à lorigine la place de lEglise pour alimenter le Moulin à grain avant de se jeter dans la Meuse. Suivant les besoins du moulin, une vanne située à lendroit dénommé « La Cascade », permettait une alimentation temporaire. Entre cette « Cascade » et la place de léglise, sétait créé un « étang » qui servit de bassin de baignade à nombre denfants du village. Au fil du temps, ce bras était devenu un véritable dépotoir, malsain et nauséabond ce qui nécessita laction de la Municipalité dalors pour le supprimer.. Un autre bras, plus important, était extérieur au centre villageois dalors... pour un temps seulement car, finalement, il se retrouva bientôt entouré de nouvelles constructions, rattrapé par lurbanisme. Ce qui, dans un passé proche ne manqua pas de poser problème lors dinondations qui touchèrent le nouveau centre du village (vers 1960). On décida même de doubler le pont du village pour faciliter le passage des eaux.
Plus tard encore le « nouveau quartier » du village verra apparaître lHôtel Martin-Debette, le café « Coutard », une boucherie-charcuterie « Dubois », la boulangerie « Mouvet », un bureau de postes, une halte ferroviaire. On relève, dans les comptes-rendus de Conseils certaines requêtes qui pourraient aujourdhui nous paraître aujourdhui curieuses. Le préposé au bureau de poste sollicite par exemple lautorisation du Maire «
. pour nouvrir quune heure seulement, les dimanches et jours fériés
. ». Et les constructions vont suivre la « Rue de lUsine » et la rue dénommée aujourdhui Sarrail. Les trois cimetières ont également « suivi » le développement du village: un peu à la manière du ruisseau, installés « à lextérieur », ils se retrouvent vite englobés par lurbanisation. Une carrière, sise sur la rive droite, entrera en exploitation. Dabord avec des moyens humains qui peuvent paraître dérisoires aujourdhui ( outils manuels, wagons Decauville poussés), puis évoluant insensiblement (années 50/60)vers la modernité avec concasseur, grue, camions, TNT pour cesser une activité finalement polluante et en cessation de rentabilité vers 1998.
L'activité de la Carrière vers 1960
La carrière en 2000
Le concasseur en 2000
Puis l'Usine SAV..... auquel nous consacrerons un article particulier
Vendredi 27 Octobre 2006Poster un commentaire
Comme je lai déjà expliqué en préambule, la vocation originelle dAubrives était attachée à la Meuse, autour du « passage deau », dès le Moyen-âge. Monsieur GOFFIN nhésite pas à parler du « Port de la baronnerie de Hierges ». Plus tard, la vallée de la Meuse concentrant la presque totalité des transports, un relais de chevaux sinstalla (certainement avec possibilité dauberge et taverne). Le ruisseau de Prailes ( qui porte le nom de Jonquière en Belgique), se jetait à lorigine à ce même endroit; il donna loccasion dinstaller un moulin à grain, car il ne faut pas oublier que le pain demeurera longtemps une des bases essentielles de la nourriture.
Autour de cette petite vie, sur de vieilles cartes postales, on découvre les potagers, essentiels à lapprovisionnement; avec un peu de chance, on pourrait y remarquer les petits élevages (volailles, porcs) qui fournissaient lappoint carné, mais également les graisses ( le saindoux notamment) essentielles à la conservation pour lhiver. A quelques mètres aussi, une brasserie sétait installée; le houblon était cultivé à cet effet et il nest pas rare den trouver encore au sein de quelque haie. Sur lun ou lautre versant bien exposé, la vigne était tentée ( certaines parcelles portent des noms évocateurs) pour produire une « piquette » légère et acidulée.
Lautarcie des petits villages Les conditions de vie sont bien différentes des nôtres, à chaque étape du développement. · Le chauffage: Lutilisation du bois tient un très grand rôle ( une grosse partie des délibérations municipales lattestent
.. les « parts affouagères »
pour exploitation du bois et des genêts). On chauffe peu les habitations ( en général la pièce qui sert de cuisine et de salle de séjour à la fois, et cest tout). On bassine juste le lit des enfants. Ce bois est également essentiel à la cuisson des aliments et du pain. · La nourriture est très différente daujourdhui . Les réserves pour lhiver se révèlent primordiales car la conservation des denrées nest pas aussi aisée quaujourdhui. Les techniques sont malgré tout très satisfaisantes: On conserve la viande de porc, dans des jarres de grés, en la noyant dans de la graisse (le saindoux), on sale les jambons, on fume jambons, saucisses et poissons. Toujours dans des jarres de grès, on conserve le beurre, les ufs, les haricots verts, dans la saumure. On confectionne les confitures. La bière est brassée localement, leau de source est récupérée pour la boisson à différents endroits de la commune et beaucoup dhabitations possèdent un puits personnel. Les potagers sont très nombreux et fournissent des légumes qui résistent à lhiver: on mange beaucoup de choux, de pommes de terres, on ensile les carottes, les betteraves. Les vergers remplissent les fruitiers pour lhiver en ménageant une réserve de vitamines ( les variétés de pommes ou poires sont choisies pour une bonne partie, en raison de leur bonne conservation). Les vaches fournissent le lait, le beurre, mais ne sont pas élevées pour la viande. On mange par contre beaucoup de porc ( qui se prête le mieux à la longue conservation) et de volaille. Le poisson est exploité par des « fermiers de pêche ». Le Docteur CHUQUET un médecin de renommée, originaire du village avait obtenu une autorisation dexploitation professionnelle du poisson. Au siècle dernier, le saumon était présent en Meuse, le Brochet régnait et la friture était abondante. Il fit construire deux petits pavillons de pêche. Lun ( toujours présent) à proximité du passage deau, lautre à « Mouyon » où, par le captage dune source, il parvenait à conserver vivantes ses prises, dans des viviers tôlés.( Le Conseil municipal lui accorde la permission de captage à titre gratuit, en égard à laide médicale quil apporte dans le village à titre gracieux, par décision du 10 décembre 1898.)
Pavillon du Docteur CHUQUET, le long de la Meuse.(existe toujours) On peut voir les longues nasses à poisson, pendues pour séchage. Au pied du pavillon, les enfants, armés dépuisettes et de seaux, ont participé à « la récolte ». · Pas beaucoup de vin, qui arrivera plus tard sur les tables, mais « des péquets »; on distillera longtemps également à Aubrives: de « la goutte à 52° », de pommes, de poires, de prunes
· La bière est brassée dans le village avec le houblon cultivé par des particuliers. Après la seconde guerre mondiale, la brasserie COLLIN vendra du vin et vers les années 54/55, la maison se charge elle-même deffectuer les « coupages »: des camions citernes amènent des vins du Languedoc, peu alcoolisés et de qualité médiocre pour couper les vins provenant dAlgérie, (très lourds et parfumés) par les mêmes moyens routiers. Les enfants de cette époque ont souvenance de la taquinerie des camionneurs qui, lors des transvasements, les arrosaient au jet (!) dun vin algérien particulièrement parfumé et sucré. · Pas deau courante, lassainissement est longtemps rudimentaire ( ce qui explique les inquiétudes pour le ruisseau), la toilette est difficile, le lavage du linge seffectue à « la fontaine » · Les « quinquets » à huile, à carbure, à pétrole, à essence, sont partout utilisés. · On na recours aux médecins quen cas de grave affliction; les femmes collectent le tilleul en fin dété, les queues de cerises, la rue, la mauve, la bourrache etc, comme remèdes en prévision de lhiver. On utilise les cataplasmes de moutarde, les ventouses, les sangsues. · Des guérisseurs pallient aux manques de diagnostic, et ce jusquà très tard. Une demoiselle BOURLARD possédait, paraît-il le don darrêter les brûlures, la diarrhée des chevaux, de soigner les rhumatismes. Beaucoup y avaient recours et, lorsque javais trois ans, jai également eu besoin de ses services. La Belgique toute proche favorise une petite contrebande ( le tabac de la Semoy), le café
· Les distractions sont rares en dehors des fêtes annuelles, (une cavalcade fêtait larrivée du printemps) Un théâtre local donnera des représentations à partir de 1910 dans la nouvelle salle « de la joie » inaugurée par Mr Bertin, directeur de lUsine et Maire dAubrives. Les jeunes fréquentent les bals populaires à Vireux, à Vaucelles, à Givet
. Et lon se déplace à pied. Les soirées dhiver sont particulièrement longues et beaucoup se réunissent dans les nombreux « cafés », plus pour se raconter des histoires en jouant aux cartes ( la célèbre « Belote » ou le « Couillon ») que pour boire. On pratique également « La Chiche »: une réunion dont le lieu est prévu à lavance, rassemble des invités autour de la cheminée de lhôte du soir pour « causer » et samuser, coudre et grignoter. Des quatre coins du village, les participants arrivent avec leur chaise sur la tête. En ces temps difficiles, cette coutume contribue également à épargner le bois de chauffage sans chauffer toutes les maisons à la fois.
Un défilé de carnaval vers 1920. Tags associés : villages, antan, aubrives, particulier
Vendredi 27 Octobre 20061 commentaire(s)
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