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Aubrives

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    Site créé le 24/10/2006
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Dossier photos
Le Mardi 30 Août 2011Accéder à la galerie photo   

 

  Evolutions:

 Meilleurs voeux à tous pour 2012

 

Vendredi 15 avril:

Joyeuses fêtes de Pâques à tous!

Dimanche 23 janvier:

Une pensée pour Joël, déjà 4 ans!

1er janvier 2011:

MEILLEURS VOEUX A TOUS, JOIES BONHEUR ET SANTE!

Samedi 25 décembre 2010:

JOYEUX NOEL et Bonnes fêtes de fin d'année à tous!

Mercredi 8 décembre 2010:

-Nouvelles photos

Samedi 23 janvier:

 Une pensée pour Joël, 3 ans déjà !

Vendredi 15 janvier:

MEILLEURS VOEUX A TOUS POUR 2010! (voir livre d'or)

Vendredi 25 septembre 2009

Bonjour à tous!

Mardi 07 avril:

JOYEUSES FETES DE PAQUES A TOUS

Samedi 24 janvier:

- 1 nouvelle photo de foot

- 1 nouvelle photo ancienne

Les noms plus tard

Vendredi 23 janvier:

Une pensée pour Joël, 2 ans déjà!

Lundi 12 janvier:

-Photo de crèche 2008

Dimanche 11 janvier 2009:

- PHOTOS HIVER 2009

2 janvier 2009:

BONNE ANNEE ET BONNE SANTE A TOUS!

 Lundi 22 décembre:

 Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d'année à tous!

 

Lundi 1er septembre:

L'exposition est reportée. Je vous reconfirmerai les

dates.

Bonne rentrée à tous!

Vendredi 13 juin

-2 nouvelles photos souvenirs

L'exposition sur "Aubrives hier à aujourd'hui" est

 prévue pour les 13 et 14 septembre

Vendredi 04 avril:-nouvelle photo souvenir (les noms plus tard)

BONNES FETES DE PAQUES A TOUS

VENDREDI 21 MARS: nouvelle photo souvenir

mardi 26 février:-nouvelles photos souvenirs

une pensée pour Joel qui nous a quitté le 23 janvier 2007

Samedi 19 janvier 2008:-nouvelles photos souvenirs

Dimanche 23 décembre 2007: photos de Noël

Samedi 10 novembre:- 2 nouvelles photos souvenirs

Lundi 15 octobre 2007:- ajout des noms

Mardi 9 octobre 2007: -1 photo d'école

Vendredi 5 octobre 2007: -1 nouvelle photo d'école

Jeudi 13 septembre 2007: - 2 nouvelles photos d'école

Dimanche 31 Décembre 2006: - 3 nouvelles photos du Football aubrivois

                                                       - Amélioration de la plupart des photos d'école ( meilleure résolution et dimension plus importante si l'on prend soin de l'agrandir à 2 reprises) ( les NOMS ont, par contre, disparu, mais ils seront réinsérés progressivement).

-----oooo0oooo-----

 

        Sans ambition démesurée, j’ai voulu ici créer un petit site de SOUVENIRS ( d’ECOLE en particulier)…. d’HISTOIRE ( récente…. l’autre, la vraie a été traitée par des gens bien plus compétents…)… de DISCUSSIONS et COMMENTAIRES sur la vie du village ( dans le plus total respect des personnes, bien sûr).    Des rubriques pourront venir dans une foire aux questions/réponses… débordant largement la vie de notre village….et qui restent à construire...

     Le forum accepte toutes les questions et peut permettre un échange, aussi bien  avec l'auteur, qu'entre les visiteurs...

 ( Pour visualiser LES PHOTOS dans de bonnes conditions( rubrique "

Photos"),

il est nécessaire de les agrandir à 2 reprises!!! 

cliquez une fois sur la miniature, puis une nouvelle fois sur

la photo qui apparaît)

Pour les photos de FOOT, elles apparaisent maintenant, pour la plupart, en " plein écran" lors du second " clic".

Pour les autres, je vais tâcher de faire de même, mais progressivement....car c'est un gros travail de préparation....

 

Si vous possédez d'autres photos intéressantes ( d'école... de personnalités qui ont marqué notre village...., du football aubrivois.....d'événements marquants.....)........................et si vous voulez bien me les faire parvenir, je les insérerai avec plaisir, (avec le nom du propriétaire s'il l'autorise ou en toute confidentialité...). C'est un des buts recherchés:

     - Fournir des souvenirs à ceux qui habitent loin...

     - Collecter, de loin, des documents qui ont quitté notre village avec les familles.

 

 

    

 

     Dans la rubrique " ARTICLES", les photos n'apparaissent pas quelquefois.... Le serveur d'images ( site différent...)  dont elles dépendent est SATURE.... et l'interaction ne peut donc se faire. Il faut attendre...... et y revenir à un moment où les internautes sont moins nombreux.

 

LIENS: ( cliquez dessus, tout simplement....)

Un site intéressant si vous avez fréquenté les écoles de GIVET:

http://charlotte.rueduparadis.fr/

Et si vous désirez voir votre village... voire votre habitation par satellite.... voici un autre lien. ( Lorsque vous obtenez le lien, il faut vous déplacer jusqu'à cadrer Aubrives.... sur lequel vous pourrez Zoomer à loisir....)

http://www.geoportail.fr/index.php?event=DisplayCartoVisu&url_insert=454c8017cd9addec9f7d2e88aa8ee6ae

 

    

 

             Les nouveaux lotissements

 

 

Dans les années 1960, beaucoup de personnes travaillent à l’extérieur d’Aubrives, mais ont choisi « de bâtir au village ».

La commune a pris le parti de vendre les terrains à un prix dérisoire et beaucoup vont construire leur habitation « de leurs propres mains ».

En quelques années, surgira la quartier du TIQUENE sur les terres «  Pré St Maurice et Le Tiquené »

 

 

Beaucoup plus tard, vers 1987, 1990, un lotissement dit « EDF » va venir compléter un groupement de maisons individuelles construites de la même façon que celles du Tiquené, derrière celui-ci, et que l’on nommera Lotissement «  TERRE QUERELLE ».

C’est le plus récent.

 

Aujourd’hui, le village d’Aubrives fait figure de village dortoir car une partie importante des habitants actifs travaillent à l’extérieur.

Tags associés : lotissements

J'kaz !
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Mercredi 01 Novembre 20062 commentaire(s)
 

                                   L’usine

 

 

(Tout ce chapitre est emprunté au mémoire que j’avais présenté lors de ma sortie de l’Ecole Normale en 1965, et qui avait pour titre: «  La fermeture de l’usine d’Aubrives »)

 

HISTORIQUE

 

Les usines d’Aubrives datent de 1858. On ne sait pas exactement quel en fut le fondateur, car vers 1860, elle compte simplement un atelier qui est la propriété de deux associés.

En 1894, se constitue la Société Métallurgique d’Aubrives et Villerupt ( S.A.V).

Les usines de Villerupt, pour leur part, datent du XVème siècle environ. Elles se situent à l’extrémité du bassin minier de Longwy;, à la frontière du Grand Duché de Luxembourg, dans le département de Meurthe et Moselle.

L’association de ces deux usines conduit à des spécialisations, c’est ainsi que:

·                 A Aubrives se trouveront les fonderies et ateliers de construction

·                 A Villerupt, seront groupés les mines de fer, les hauts-fourneaux et également d’autres fonderies.

 

L’apogée économique se situe, à Aubrives, vers les années 1930. A cette époque, elle occupe 600 ouvriers, dont une cinquantaine de femmes concentrées dans un atelier de «  Torcherie » ( le rôle de cet atelier est de confectionner des torches de paille pour placer autour des «  noyaux » de fonte.

Seulement, quelques années plus tard, les torches arrivent toutes faites, et la direction de l’usine se voit obligée de supprimer cet atelier spécial. Les femmes sont donc réparties dans les ateliers de « noyauterie » ou utilisées comme « pontonières »

Vers 1934, une crise de production survient. On décide de ne plus fabriquer de tuyaux, cette industrie n’étant plus rentable. Subitement, le total des ouvriers  tombe à 350 ( plus 45 appointés).

Les ouvriers sont obligés de s’exiler vers la vallée de la Meuse ( Fumay, Haybes, et surtout Revin), où les places sont nombreuses, bien payées, et surtout beaucoup plus stables.

A compter du 8 novembre 1960, un nouveau changement survient. Le groupe sidérurgique de Pont à Mousson, devenant majoritaire des actions, absorbe la Société Aubrives et Villerupt, qui garde toutefois son nom, mais qui conduira à une nouvelle orientation des productions.

Au point de vue effectif, le nombre d’ouvriers se stabilise, jusqu’en 1963, autour de 350 à 380.

 

L’activité de l’usine

 

La fonte utilisée arrivait de l’usine de Villerupt qui, elle, possédait les mines et les hauts-fourneaux…….par wagons SNCF (* directement dans l’usine, sous la forme de «  gueuses ») et à partir de 1961, par camions.

La fonte phosphoreuse fut remplacée pendant un certain temps par de la fonte hématite; ce changement dans la qualité était nécessité par la production de pièces coulées pour machines outils, à la suite des démarches entreprises par les sociétés SOMUA et ERMAUT. Il y eut également des productions effectuées, grâce à cette variété de fonte, pour les camions SAVIEM.

Enfin, le sable, le coke, les ferrailles, arrivaient régulièrement par wagons SNCF, à la cadence de quatre wagons par jour environ.

LES SPECIALITES DE L’USINE

 

 

Des tuyaux pour conduites d’eau, de gaz, d’air, de mazout….. et des raccords pour ces tuyaux.

Des appareils de fontainerie et tous les accessoires pour distribution de l’eau, tels que: robinets-vannes, bornes-fontaines, bouche d’arrosage, de lavage et d’incendie, clapets de retenue, crépines, bondes de fond, ventouses, robinets d’arrêt à boisseau et à clapet.

Des sabots de freins pour wagons et tramways.

Des barreaux de grilles pour locomotives.

Des blocs de lestage.

Des « bittes d’amarrage » pour la navigation, des fontes usinées pour appareils hydrauliques.

 

LES PRODUCTIONS

 

En 1960, la production des usines d’Aubrives, était, par semaine, de:

·                 80 tonnes de tuyaux.

·                 380 tonnes de raccords de canalisation et de petites pièces.

·                 60 tonnes de pièces pour le montage des appareils

·                 80 tonnes de tables de regard et de grilles d’égoûts.

Cette production était dirigée vers Villerupt par chemein de fer, à raison de 6 wagons par jour.

 

Cependant, cette production de 1960 ne fut pas la seule forte.

En 1930, la production était de 600 tonnes par mois.

En 1958, la production des raccords atteint 600 tonnes…..

En 1962, la production n’atteint plus que 4 à 500 tonnes par mois.

Enfin, dès le début de novembre………. la production est dérisoire.

 

LES COMMANDES

 

Les commandes étaient directement adressées à l’Usine de Villerupt, qui se chargeait de les transmettre à Aubrives.

Elles provenaient indifféremment de tous les pays du monde, mais on note surtout de grosses commandes d’ARGENTINE, du PEROU, d’INDOCHINE, d’ALGERIE, TUNISIE, MAROC, de YOUGOSLAVIE….

Sur la fin, on note encore des commandes du LIBAN, de l’IRAN et d’URSS.

 

Quelques exemples de travaux ……..

·                 De 1935 à 1958, pour EDF/GDF, 29640 tonnes de tuyaux

·                 De 1935 à 1958, encore, pour la société SECONAM ( Afrique du Nord), 16090 tonnes de tuyaux

·                 Pour l’Argentine, 41000 tonnes

·                 Pour le Brésil:17250 tonnes pour RIO DE JANEIRO;  24000 tonnes pour SAO PAULO

·                 De 1904 à 1905, pour le Mexique ( Ville de CORDOBA) 11000 Tonnes

·                 De 1937 à 1957…..une livraison de 3880 tonnes de tuyaux pour la ville de Charleville

 

Carte postée en 1907.

Carte postée en 1922

L'usine vers 1950

 

La société Métallurgique d’Aubrives & Villerupt

(d’après le Bulletin municipal du 14 Octobre 1989)

 

La Société d’AUBRIVES et VILLERUPT a été constituée le 15 Septembre 1894, date à laquelle la Société d’Aubrives reprit à la société de CHATILLON-COMMENTRY-NEUVES MAISONS, le bail qu’elle détenait sur les Mines et Usines de Villerupt.

 

Mais, avant cette réunion, les deux branches constituant la S,A.V. avaient eu leur existence autonome. C'est ainsi que l’Usine d'AUBRIVES a été fondée en 1858 par la Société  DE VENNES de LIEGE.

 

En 1881, un incendie détruisit la presque totalité de l’Usine, mais elle fut immédiatement reconstruite et considérablement agrandie

 

 

En 1884, Monsieur de LA VALLEE POUSSINS constitue avec l’Usine d'AUBRIVES une Société dénommée "Société Anonyme des Forges et fonderies  d'AUBRIVES". Cette Société fut mise en liquidation en 1887 et vendue à Monsieur CASSION BON.

La Société Générale de Belgique acquit des intérêts importants dans la Société ; c’est elle qui en provoque la liquidation par une décision de l’assemblée du 21 Août 1894, en raison de l’apport de l’actif dans la formation, avec les Usines de Villerupt, d’une nouvelle société dénommée “ Société Anonyme Métallurgique d’AUBRIVES & VILLERUPT ”, qui fut constituée le 15 Septembre 1894, par actes passés  devant Maîtres DUFOUR et CHAMPETIER DE RIBES, notaires à Paris.

A cette époque., l’Usine était desservie par un raccordement avec les Chemins de Fer de l’Est et par les gares de GIVET et VIREUX ( AUBRIVES n’était qu’une halte ouverte au service des voyageurs). Un canal d’embarquement, relié à la Meuse, la mettait en communication avec tout le réseau des canaux français et belges et lui facilitait ses approvisionnements en matières premières et ses expéditions en produits finis.

L’Usine était spécialisée dans la fabrication des tuyaux pour conduites d’eau, de gaz, d’appareils de fontainerie ( robinets, vannes, bouches d’incendie, bornes fontaines… du matériel de chemin de fer et des tramways, de fontes mécaniques…) et écoulait sa production sur les cinq continents.

La Société connut une période difficile durant les années 1900 en raison de la concurrence des autres producteurs tuyaux en fonte.

Grâce à l’apport de nouveaux capitaux et d’une gestion rigoureuse, les résultats positifs suivirent: voici un extrait du journal «  L’Usine » qui en atteste ( 1910).

 

" Cette importante Société Métallurgique continue, sous l'énergique impulsion de ses nouveaux directeurs, à augmenter sa vitalité et à accroître encore la prospérité auxquelles l'avait amenée l'ancien Directeur, Mr JACQUEMART. L'Exposition de BRUXELLES l'a témoigné manifestement par son stand magnifique et même grandiose, lequel représentait la synthèse de sa fabrication de toutes les fontes qui entrent dans les canalisations d'eaux et qui représentent un tonnage annuel de 50 000 tonnes minimum. Aussi, le jury lui a décerné un diplôme d'honneur, récompense qui a un mérite tout particulier quand on sait qu'elle se trouvait dans la section de la grosse métallurgie, à côté des plus puissantes firmes de notre industrie française..."

 

Pendant la guerre 14/18, l’Usine subit la rigueur de l’occupation. Après avoir cessé la fabrication entre 1914 et 1916, l’Autorité Allemande pria le Directeur de remettre l’Usine en marche, en vue d’y effectuer les fabrications qu’elle lui demanderait. Ce dernier s’y refusa et les Allemands prirent possession de l’usine le 18 Juillet 1916, en expulsèrent tout le personnel et assurèrent eux-mêmes la gestion.

 

En raison de l’opposition mise par les ouvriers de l’Usine à travailler pour les Allemands, ces derniers firent arrêter le Directeur, Monsieur BERTIN et son adjoint, Monsieur MASSON, et les firent enfermer dans la forteresse de Namur, où ils subirent 3 mois de captivité; ils ne furent libérés que moyennant une caution de 200 000 francs.

 

Durant cette période, la majeure partie des appareils de fontainerie qui restaient en magasin furent détruits pour en retirer le bronze, le caoutchouc, le cuir. Au dernier moment, lors de l’évacuation de Novembre 1918, des destructions systématiques furent amorcées, mais les Allemands n’eurent pas le temps de les continuer.

 

Après l’Armistice, la Société reprit possession de son usine dont les éléments essentiels ( bâtiments, machines, gros outillages) étaient à peu près intacts, mais dans un état pitoyable, par suite du manque d’entretien; en outre, tout le petit outillage, les approvisionnements, magasin et stocks avaient pratiquement disparu en totalité.

 

La réorganisation industrielle, malgré toutes les difficultés de cette période d’après-guerre, fut rapide. L’Usine, limitée surtout par le manque d’ouvriers, ne tarda pas à reprendre son activité d’avant-guerre. L’effort de modernisation se poursuivit jusqu’en 1930, date de son apogée. A cette époque, on comptait environ 800 personnes, dont une cinquantaine de femmes. La crise que traversa l’industrie sidérurgique dans les années1930 à 1934 fit tomber le personnel à 400 personnes.

 

En 1936, l’Assemblée Générale décida le transfert du siège social à VILLERUPT dont l’Usine était beaucoup plus importante. Durant la seconde guerre mondiale, la production fut continue, l’occupant allemand ayant besoin des tuyaux pour les réparations en Allemagne, consécutives aux bombardements.

 

Jusqu’en 1955, la Société assura une certaine prospérité.

 

En 1960, la S.A.V. fut absorbée par le groupe sidérurgique de PONT A MOUSSON, qui restructura la production des différentes unités pour fermer définitivement l’Usine le 28 Mars 1964. Cette fermeture fut reçue comme un choc par toute la population aubrivoise.

 

              (  Les chapitres “  la vie sociale dans l’usine ” et “ l’Usine dans le village ” sont le résultats d’un travail effectué dans le cadre d’un stage à l’école Normale en 1984 par les Instituteurs suivants : TERNISIEN Gérard, MORLET Joël, MARTIN Joël)

 

 

1 - La vie sociale dans l'usine:

 

 

 

Le jeune pouvait entrer à l'usine dès la fin de sa scolarité, c'est-à-dire 12 ans dans un premier temps, et 14 ans par la suite. Placé sous 14 survei1lance d'un bon ouvrier, il apprenait sur le tas son futur métier.

 

Après 1940, la S.A.V., crée un Centre d'apprentissage dans l'usine, animé par quelques bons ouvriers pour la partie technique et des diplômés pour la partie théorique. Les élèves sont présentés aux épreuves du certificat d'aptitude professionnel.

 

Un ouvrier pouvait prétendre à une promotion (chef d’équipe, contremaître, à deux conditions essentielles: 

  - La qualité exemplaire de son travail,  .

- Le dévouement total et visible à l'équipe dirigeante de l'usine.

 

L'ouvrier recevait, suivant ses mérites, des distinctions (médailles, diplômes) récompensant plusieurs années de bonne conduite, de dévouement et de fidéIité à l' employeur .  .

Voici un extrait de discours prononcé par Monsieur JACQUEMART, (Directeur de la S.A.V. et Maire d'AUBRIVES jusqu'en 1909) , à l'occasion d'une remise de médailles

“ J'ai voulu donner, cette année. un éclat tout particulier, à la célébration de la Fête Nationale du 14 juillet, pour vous prouver tout le prix que j'attache aux distinctions dont vous allez être l'objet. La médaille d'honneur que seize d'entre vous vont recevoir, leur est décernée par la gouvernement de la République à titre de récompense pour leurs bons et

loyaux services. Pour l'obtenir, il vous a fallu fournir trente années de labeur constant et régulier, par conséquent trente années de bonne conduite, de dévouement et de fidélité à ceux qui vous ont employé. C'est donc toute une noble existence de travail qui reçoit ici, en chacun de vous, sa récompense et vous l'avez bien méritée.

A tous ces titres, mes amis, vous avez aujourd'hui le droit d'être heureux et fiers, et je vois à votre émotion que cette journée sera parmi une des plus belles de votre vie.

Vous conserverez précieusement la médaille, et le diplôme qui vont vous être remis; vous leur donnerez la place d'honneur à votre foyer, afin que vos enfants et petits enfants puissent se rappeler en les regardant que c'est par le travail et la fidélité au même patron que l'on parvient à conquérir l'estime de tous les gens de cœur dont je suis heureux de vous transmettre l'assurance aujourd'hui.  "

 

Devenir employé et bénéficier de certains privilèges (paie continue par mensualisation, même pendant les périodes de maladie, bien avant l'institution de la Sécurité Sociale, droit de chasse, attribution d'un logement plus spacieux, etc…) , était chose très rare pour un ouvrier.

Avant 1936, un ouvrier travaillait 54 heures par semaine (6 jours à 9 heures), durant 52 semaines. Seuls les dimanches, quelques fêtes religieuses, la Saint ELOI, étaient chômées. 

 

En 1936, la semaine est ramenée à 48 heures, les salaires augmentent substantiellement.

 

La première semaine de congés payés est attribuée aux ouvriers qui ne quittent cependant pas le village, faute de moyens.

 

Jusqu'en 1936, Il n'y a eut aucune vie politique et syndicale dans l'usine. Les ouvriers se gardaient bien d'afficher leurs idées (même à l'extérieur), car s'opposer à l'équipe dirigeante, pouvait entraîner le renvoi pur et simple, suivi du refus d'embauche par les usines avoisinantes du secteur.

 

En 1936, apparaît un syndicat C.G.T., crée par des gens venus de l'extérieur d' AUBRIVES. La direction riposte en instituant un syndicat d'employés, et supprime des activités gratuites qu’elle organisait pour son personnel: Harmonie, théâtre …

Carte postée en 1925

 

2 - L'Usine et le Village.

                                        La population

A l'époque de son apogée, l’Usine a employé 800 personnes. Bien entendu, cette main d'œuvre n'était pas exclusivement locale. Une population étrangère nombreuse est venue s'installer dans le village:

- les travailleurs belges: Ils venaient, pour la plupart, à pied ou a bicyclette des villages avoisinants (Gimnée, Vaucelles, Doisches, Romedenne, Beauraing, jusque WELLIN) le lundi matin très tôt et repartaient le samedi, en fin d'après-midi.

Ils travaillaient, cuisinaient et se nourrissaient dans l'usine de victuailles qu'ils avaient apportées pour la semaine. Le soir, ils fréquentaient les "bistrots" (nombreux) du village.Ils dormaient dans les combles (sommairement aménagés en dortoirs) de ces bistrots.  :

                         - les travailleurs italiens: Ils arrivèrent d'abord seuls, des “ Marches ” et de l' Italie du sud. Ils firent venir leur famille, dans les trois ou quatre années qui suivirent et se logèrent dans les “ BARAQUES ” (baraquements en bois). Ces habitations sont toutes disparues; elles étaient situées dans l'actuelle rue des Chalets.

Les " HLM" et les "Baraques".

    Cette affiche de 1939 témoigne de la présence des Italiens dans la vie associative aubrivoise.

   Barrée aux couleurs italiennes et françaises, elle montre aussi combien la communauté s’est fondue rapidement dans la vie du village.

 

- les travailleurs nord-africains: Ils arrivèrent après 1945, d'abord seuls, et occupèrent LA CANTINE de l'Usine, aménagée dans le Centre du village. Ces bâtiments rénovés ( l’ancienne ferme Burniat) existent toujours; ils ont été transformés en maisons d'habitation. L'immeuble collectif comprenait 21 chambres et 108 lits.

Puis ils firent venir leur famille quelques années plus tard et occupèrent progressivement les H.L.M. construites à partir de 1950.

.LES HABITATIONS (Les cités)

Les cités vers 1950.

  L'usine était propriétaire de 44 maisons, formant 98 logements de 2 à 11 pièces, avec 96 jardins.

  Le lotissement "DES CITES" a été construit en deux étapes: de 1890 à 1910 et de 1930 à 1940.

Les logements étaient pratiquement gratuits et attribués selon le poste occupé dans l'Usine. Leur entretien était assuré par un service spécial de l'Usine.

Pratiquement toutes les maisons avaient une surface identique et étaient distribuées de la façon suivante:

- la famille d'un ouvrier occupait 1/4 de la Maison,

    - la famille d'un employé occupait 1/2 de la Maison,

    - la famille d'un ingénieur occupait la maison complète

 

Le Directeur, quant à lui, occupait le "Château" contigu à l'usine (Face au square actuel de la Salle des Fêtes). On pouvait ainsi surveiller l'entrée et la sortie des ouvriers.

 

Les maisons des ingénieurs étaient situées en tête de chaque rue des cités  (surveillance des allées et venues des ouvriers).

Un changement de classification au travail entraînait un changement de logement plus vaste,

  L'ouvrier avait droit à deux lampes électriques dans son logement, alors qu'un employé possédait l'éclairage dans toutes les pièces. ( L’électricité était produite et acheminée par l’Usine elle-même).

 

 

LA VIE DANS LE VILLAGE

Nous relatons, ci -après, un extrait du discours, datant de 1910, de Monsieur BERTIN, directeur de l'Usine de 1909 à 1935, qui vante les bienfaits apportés par la S,A. Villerupt au village d'AUBRIVES.

 

“ Il y a quinze ans, AUBRIVES était un véritable bourbier. A présent, les ruisseaux sont couverts, les rues bordées de caniveaux, l 'hygiène est partout. Les lampes électriques dans les rues les plus propres vous apportent gratuitement la lumière dans les soirées d'hiver. Toutes améliorations pour lesquelles le concours de l'Usine n'a jamais fait défaut. ”

L'usine a apporté un plus dans la vie sociale et culturelle du village.

Voici un autre extrait du discours de M. BERTIN, qui illustre ces propos, prononcé lors de l'inauguration de la Salle des Fêtes (1909) aux membres du personnel:

"La S.A. Villerupt aide de son mieux tous vos essais de solidarité. Elle subventionne votre mutuelle, elle s'intéresse à votre coopérative, elle a aidé l'installation et contribue à l' entretien d'une garderie d'enfants. Elle a crée une Ecole d' apprentissage. Elle a décidé d'aider les parents à préparer une situation à leurs enfants: c'est ainsi qu'elle accorde les bourses aux fils d'employés et d'ouvriers qui seront admis au concours d'entrée dans une des Ecoles Nationales d'Arts et métiers  "  .

La Salle des Fêtes, construite en 1910, était “ la Salle des Familles, la Demeure de la joie ”.

L'accès de cette Salle était gratuit et réservé au personnel de l'usine et à leur famille…

                         

 

On retrouvait là aussi la hiérarchie de l'usine dans le placement des spectateurs: le balcon réservé au patron et ingénieurs, le fond de la Salle aux employés, les places avant aux ouvriers.

  Dans cette salle, on organisait du théâtre, des séances de cinéma, des concerts (Harmonie de l'usine) des fêtes diverses (Fête de Noël, Fête des Mères, Fête de la remise de Médailles, Fête de la Saint Eloi, de Saint Bolèche ...) 

Après la première guerre mondiale, l'usine crée un parc des sports, qui est encore utilisé de nos jours.

En conclusion de ce chapitre, nous reprendrons une phrase prononcée par madame MASSON, (épouse de l’ancien sous-directeur et fille de Monsieur Grunenberger), ( lors de l’interview qu’elle avait accordée aux trois auteurs de cet article) et qui illustre parfaitement ce que l’Usine représentait pour la Commune.

                   "LE VILLAGE, C'ETAIT L'USINE".

 

 

 

 

Malgré les espoirs qu’avaient fait naître  les bonnes marches des années 60, 61, certaines rumeurs refroidissent les ardeurs ; et ces rumeurs ne tarderont pas à se confirmer de plus en plus…..

Après bien des déceptions et des désillusions en 1963, le 28 MARS 1964, l’usine ferme officiellement ses portes, sans qu’aucun repreneur se soit manifesté.

Voici à ce sujet, un descriptif rédigé par la Société Pont à Mousson et destiné aux entreprises susceptibles d'assurer une reprise.

 

Tags associés : usine

J'kaz !
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Samedi 28 Octobre 2006Poster un commentaire

Par tradition orale, j'ai toujours entendu mon père nommer certaines maisons, de par le nom d'un propriétaire. J'ai tenté de les replacer....

 

 

Tags associés : noms, batiments

J'kaz !
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Vendredi 27 Octobre 2006Poster un commentaire

Voyons comment, d'un ancrage rural, le village va insensiblement évoluer vers une vocation industrielle.

 

 

   Comme dans la majorité des villages d'alors, la vie ne débordait pas beaucoup les frontières des hameaux . On vivait, travaillait, achetait, s'amusait, et mourait au village

 La place de l’Eglise avec le « Comptoir Français », la café « chez Marie Minaire »  et « chez Marie Wuidart »

Le « café COUTARD » au premier plan; au second plan, le boulanger MOUVET devant sa boulangerie, et en face sa charrette qui servait aux livraisons.

 

L'histoire du ruisseau... une grande histoire aubrivoise

 

 

 

Je ne veux surtout pas jouer un rôle d’historien pour lequel je n’ai pas de dispositions. Toutefois, en consultant les registres de délibérations municipales, quelques anecdotes méritent une petite parenthèse.

 

Voici copie du compte rendu de Conseil municipal daté du 21 Janvier 1897

 

...Aubrives a longtemps connu une vie  rurale...

 

Les fermes ont été pendant une longue période, l’activité essentielle du village.

La ferme LAMBEAU, d’abord en métayage,

La ferme GOFFIN

Les fermes BURNIAT

La Cense La Haye.

 

De temps immémoriaux, on cultivait à Aubrives: pour alimenter le château de Hierges, les habitants des deux villages, les gens d’armes, les artisans…

La culture de blé, d’orge, d’avoine avait également d’autres buts que l’alimentation des habitants: la volaille, les chevaux de trait nécessitaient des cultures spécifiques.

Les vaches n’étaient pas obligatoirement élevées, pendant très longtemps, pour la viande, comme aujourd’hui, mais pour le lait, le beurre et accessoirement l’alimentation des porcs ( par un mélange de son et de «  petit-lait » résultant de la fabrication du beurre).

 

Les chevaux en particulier étaient particulièrement bien soignés, dans la mesure où ils joueront longtemps un grand rôle; ces chevaux réputés ( « le cheval de race ardennaise, lourd , résistant et très puissant ») furent longtemps utilisés au labour, pour les moissons, le transport de la paille ou du foin sur d’énormes charrettes, le transport du fumier (pour amender les champs) grâce à des « tombereaux ( l’ancêtre de la « benne basculante », et également, bien sûr pour le hâlage des péniches.

La « Maison NOISIER », sur la rive droite de la Meuse, (aujourd’hui disparue…)proposait aux mariniers de haler les péniches à partir de Givet, jusqu’au passage d’eau aubrivois en passant par la boucle de Chooz; les hauts fonds sur lesquels raclaient quelquefois les péniches nécessitaient une traction plus puissante d’une part, et la connaissance des gués et chenaux plus propices d’autre part.

 

Charles GOFFIN avec jument et poulain, devant la « Grange à la dîme »

 L’une des premières machines agricoles motorisées…Certainement en activité sur « le plateau de Foisches »

 

Cette petite vie rurale va s’adapter au fil du temps, mais perdurera jusque vers les années 50: le « Margottin », en tôles de fer cette fois, continuera à exercer son activité, après les diligences, pour aider au passage des chevaux de traits pour péniches de la rive droite à la rive gauche, le chemin de halage changeant de bord, juste à cet endroit. Ce sera ensuite le tour des tracteurs automobiles d’utiliser les compétences du «  passeur ». Finalement, à cause de l’installation de moteurs Diesel sur les péniches,cette barge pourrira sur place, avant d’être définitivement détruite. On peut cependant observer, encore aujourd’hui, à l’endroit appelé «  embarcadère ou passage d’eau », la conformation particulière du rivage, qui permettait à cette embarcation d’accoster « à niveau » . Un pylone ( toujours existant, à un cinquantaine de mètres en amont, permettait, grâce à un cable, d’assurer le passage, en même temps qu’il garantissait la sécurité.

A propos des péniches, beaucoup de souvenirs attestent de l’évolution du halage.

Si tout le monde a entendu parler des chevaux de trait qui contribuaient au déplacement des chalands, on sait moins que la « traction humaine » était encore en vigueur vers 1940, et que souvent, les péniches arboraient une voile pour aider également.

 

 

 

Un peu plus en retrait, ce qu’on appelle encore aujourd’hui la «  maison Masson » doit son origine à la famille Mestellart qui en avait fait une résidence; la «  ferme Lambeau » , propriété attenante, était exploitée par des métayers

 

Autour de ces premières activités, très étalées dans le temps, d’autres familles viendront installer de petites fermes.

·                 La ferme Burniat ( proche de la ferme Lambeau)

·                 La ferme Goffin

·                 Plus tard, la ferme Burniat , proche de l’actuelle école primaire, qui deviendra avec l’usine, « La Cantine »

Et d’autres activités complémentaires suivront au fil des ans et des besoins:

·                 UNE FORGE ( La forge GAUMIN)

·                 UNE BOULANGERIE qui s’adjoindra une petite alimentation ( DEROCHE/DRICOT)

·                 UNE MERCERIE suivra à la maison COLLIN

·                 Sans compter les innombrables « Cafés » auxquels on pourra consacrer un chapitre particulier.

 

Pour ne pas oublier l’Education ( non obligatoire encore), une petite garderie était gérée par des sœurs, dans la rue actuelle du Père Georges

 Sur cette photo des années 1960, on remarque encore la « Grange de la Dîme » et la maison Noisier sur la rive droite de la Meuse

Et évidemment, l’Eglise avec son presbytère et son cimetière attenant finalisaient l’évolution ( que l’on pourrait qualifier de rurale en regard de l’essor qui suivra à partir des années1850)

A noter que la rue du Père Georges, anciennement dénommée «  rue du Presbytère », recèle un linteau sculpté et daté digne d’intérêt pour ce qui regarde les activités artisanales annexes. La rue qui lui fait suite, «  la rue des orfèvres » nous donne une indication supplémentaire en ce sens. Elle aboutit d’ailleurs aux bâtiments très anciens de la Prévoté ( Datés de 1585), avec deux postes de garde adjacents qui pourraient nous faire penser à un poste de police actuel. Le rôle de ces « Gens d’Armes » consistait effectivement en une surveillance étroite de la Meuse, sous le contrôle du château de Hierges. ( Monsieur Goffin raconte à ce sujet, qu’une ordonnance exigeait que les vergers qui se trouvent dans l’alignement Château de Hierges - Prévôté d’Aubrives, soient convenablement entretenus et taillés pour facilité la vue entre les deux bastions)

 

 

Il existe une interaction obligatoire entre les développements consécutifs du village et l’accroissement de la population: plus l’activité se développe et plus la main d’œuvre est nécessaire. Plus elle s’accroît, et plus les services se développent également, accompagnés d’un urbanisme adapté.

 

Et comme le village continue à se développer, il va s’étendre ensuite vers la forge et l’englober.

Les constats que l’on propose maintenant sont bien plus récents et peuvent se situer au début du siècle dernier. 

La population augmentant, la construction « d’un groupe scolaire avec Mairie » est décidé….

Aubrives, vers 1950.

 

 

La ferme Burniat est très importante et ses locaux en témoignent ( C’est ce qu’on appelle aujourd’hui «  La Cantine »); un abreuvoir en pente douce, ( particulièrement boueux), qui subsistera jusque dans les années 1960, permettait aux vaches de se désaltérer de l’eau du ruisseau, là où se trouve aujourd’hui le parking face à l’école.

La ferme Goffin, non loin de là, s’était développée également de façon très importante. Sa grange, en avancée sur le rue ( et qui va brûler en 1969) était dénommée «  grange de la dîme » en souvenir du temps lointain où elle participait à la part ecclésiastique des récoltes.

Un Hôtel ( Marie Wuidart, sur la place de l’Eglise), accueillait les voyageurs.

 

Il est assez symptomatique de constater l’histoire du Ruisseau de Prailes.

Comme nous le savons, un de ses deux bras traversait à l’origine la place de l’Eglise pour alimenter le Moulin à grain avant de se jeter dans la Meuse. Suivant les besoins du moulin, une vanne située à l’endroit dénommé «  La Cascade », permettait une alimentation temporaire. Entre cette « Cascade » et la place de l’église, s’était créé un « étang » qui servit de bassin de baignade à nombre d’enfants du village. Au fil du temps, ce bras était devenu un véritable dépotoir, malsain et nauséabond ce qui nécessita l’action de la Municipalité d’alors pour le supprimer..

Un autre bras, plus important, était extérieur au centre villageois d’alors... pour un temps seulement………… car, finalement, il se retrouva bientôt entouré de nouvelles constructions, rattrapé par l’urbanisme. Ce qui, dans un passé proche ne manqua pas de poser problème lors d’inondations qui touchèrent le nouveau centre du village (vers 1960). On décida même de doubler le pont du village pour faciliter le passage des eaux.

 

Plus tard encore le « nouveau quartier » du village verra apparaître l’Hôtel Martin-Debette, le café « Coutard », une boucherie-charcuterie  «  Dubois »,   la boulangerie « Mouvet », un bureau de postes, une halte ferroviaire.

On relève, dans les comptes-rendus de Conseils certaines requêtes qui pourraient aujourd’hui  nous paraître aujourd’hui curieuses.

Le préposé au bureau de poste sollicite par exemple l’autorisation du Maire « …. pour n’ouvrir qu’une heure seulement, les dimanches et jours fériés…. ».

Et les constructions vont suivre la « Rue de l’Usine » et la rue dénommée aujourd’hui Sarrail. Les trois cimetières ont également «  suivi » le développement du village: un peu à la manière du ruisseau, installés « à l’extérieur », ils se retrouvent vite englobés par l’urbanisation.

 

Une carrière, sise sur la rive droite, entrera en exploitation.

D’abord avec des moyens humains qui peuvent paraître dérisoires aujourd’hui ( outils manuels, wagons Decauville poussés), puis évoluant insensiblement (années 50/60)vers la modernité avec concasseur, grue, camions, TNT… pour cesser une activité finalement polluante et en cessation de rentabilité vers 1998.

L'activité de la Carrière vers 1960

        La carrière en 2000

     Le concasseur en 2000

 

Puis l'Usine SAV..... auquel nous consacrerons un article

 particulier

 

 

 

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Vendredi 27 Octobre 2006Poster un commentaire
 

Comme je l’ai déjà expliqué en préambule, la vocation originelle d’Aubrives était attachée à la Meuse, autour du « passage d’eau », dès le Moyen-âge. Monsieur GOFFIN n’hésite pas à parler du « Port de la baronnerie de Hierges ».

Plus tard, la vallée de la Meuse concentrant la presque totalité des transports, un relais de chevaux s’installa (certainement  avec possibilité d’auberge et taverne).

Le ruisseau de Prailes ( qui porte le nom de Jonquière en Belgique), se jetait à l’origine à ce même endroit; il donna l’occasion d’installer un moulin à grain, car il ne faut pas oublier que le pain demeurera longtemps une des bases essentielles de la nourriture.

 

Autour de cette petite vie, sur de vieilles cartes postales, on découvre les potagers, essentiels à l’approvisionnement; avec un peu de chance, on pourrait y remarquer les petits élevages (volailles, porcs) qui fournissaient l’appoint carné, mais également les graisses ( le saindoux notamment) essentielles à la conservation pour l’hiver.

A quelques mètres aussi, une brasserie s’était installée; le houblon était cultivé à cet effet et il n’est pas rare d’en trouver encore au sein de quelque haie.

Sur l’un ou l’autre versant bien exposé, la vigne était tentée ( certaines parcelles portent des noms évocateurs) pour produire une «  piquette » légère et acidulée.

 

L’autarcie  des petits villages

 

 

Les conditions de vie sont bien différentes des nôtres, à chaque étape du développement.

· Le chauffage: L’utilisation du bois tient un très grand rôle ( une grosse partie des délibérations municipales l’attestent…….. les «  parts affouagères » … pour exploitation du bois et des genêts). On chauffe peu les habitations ( en général la pièce qui sert de cuisine et de salle de séjour à la fois, et c’est tout). On bassine juste le lit des enfants. Ce bois est également essentiel à la cuisson des aliments et du pain.

· La nourriture est très différente d’aujourd’hui . Les réserves pour l’hiver se révèlent primordiales car la conservation des denrées n’est pas aussi aisée qu’aujourd’hui. Les techniques sont malgré tout très satisfaisantes:

On conserve la viande de porc, dans des jarres de grés,  en la noyant dans de la graisse (le saindoux), on sale les jambons, on fume jambons, saucisses et poissons. Toujours dans des jarres de grès, on conserve le beurre, les œufs, les haricots verts, dans la saumure. On confectionne les confitures. La bière est brassée localement, l’eau de source est récupérée pour la boisson à différents endroits de la commune et beaucoup d’habitations possèdent un puits personnel.

Les potagers sont très nombreux et fournissent des légumes qui résistent à l’hiver: on mange beaucoup de choux, de pommes de terres, on ensile les carottes, les betteraves.

Les vergers remplissent les fruitiers pour l’hiver en ménageant une réserve de vitamines ( les variétés de pommes ou poires sont choisies pour une bonne partie, en raison de leur bonne conservation).

Les vaches fournissent le lait, le beurre, mais ne sont pas élevées pour la viande. On mange par contre beaucoup de porc  ( qui se prête le mieux à la longue conservation) et de volaille.

Le poisson est exploité par des « fermiers de pêche ». Le Docteur CHUQUET un médecin de renommée, originaire du village avait obtenu une autorisation d’exploitation professionnelle  du poisson. Au siècle dernier, le saumon était présent en Meuse, le Brochet régnait et la friture était abondante. Il fit construire deux petits pavillons de pêche. L’un ( toujours présent) à proximité du passage d’eau, l’autre à « Mouyon » où, par le captage d’une source, il parvenait à conserver vivantes ses prises, dans des viviers tôlés.( Le Conseil municipal lui accorde la permission de captage à titre gratuit, en égard à l’aide médicale qu’il apporte dans le village à titre gracieux, par décision du 10 décembre 1898.)

 Pavillon du Docteur CHUQUET, le long de la Meuse.(existe toujours)    On peut voir les longues nasses à poisson, pendues pour séchage.    Au pied du pavillon, les enfants, armés d’épuisettes et de seaux, ont participé à « la récolte ».

·                 Pas beaucoup de vin, qui arrivera plus tard sur les tables, mais « des péquets »; on distillera longtemps également à Aubrives: de « la goutte à 52° », de pommes, de poires, de prunes…

·                 La bière est brassée dans le village avec le houblon cultivé par des particuliers. Après la seconde guerre mondiale, la brasserie COLLIN vendra du vin et vers les années 54/55, la maison se charge elle-même d’effectuer les « coupages »: des camions citernes amènent des vins du Languedoc, peu alcoolisés et de qualité médiocre pour couper les vins provenant d’Algérie, (très lourds et parfumés) par les mêmes moyens routiers. Les enfants de cette époque ont souvenance de la taquinerie des camionneurs qui, lors des transvasements, les arrosaient au jet (!) d’un vin algérien  particulièrement parfumé et sucré.

·                 Pas d’eau courante, l’assainissement est longtemps rudimentaire ( ce qui explique les inquiétudes pour le ruisseau), la toilette est difficile, le lavage du linge s’effectue à « la fontaine »

·                 Les « quinquets » à huile, à carbure, à pétrole, à essence, sont partout utilisés.

·                 On n’a recours aux médecins qu’en cas de grave affliction; les femmes collectent le tilleul en fin d’été, les queues de cerises, la rue, la mauve, la bourrache etc, comme remèdes en prévision de l’hiver. On utilise les cataplasmes de moutarde, les ventouses, les sangsues.

·                 Des guérisseurs pallient aux manques de diagnostic, et ce jusqu’à très tard. Une demoiselle BOURLARD possédait, paraît-il le don d’arrêter les brûlures, la diarrhée des chevaux, de soigner les rhumatismes. Beaucoup y avaient recours et, lorsque j’avais trois ans, j’ai également eu besoin de ses services.

La Belgique toute proche favorise une petite contrebande ( le tabac de la Semoy), le café…

 

 

·                 Les distractions sont rares en dehors des fêtes annuelles, (une cavalcade fêtait l’arrivée du printemps) Un théâtre local donnera des représentations à partir de 1910 dans la nouvelle salle «  de la joie » inaugurée par Mr Bertin, directeur de l’Usine et Maire d’Aubrives. Les jeunes fréquentent les bals populaires à Vireux, à Vaucelles, à Givet…. Et l’on se déplace à pied.

Les soirées d’hiver sont particulièrement longues et beaucoup se réunissent dans les nombreux « cafés », plus pour se raconter des histoires en jouant aux cartes ( la célèbre « Belote » ou le « Couillon ») que pour boire.

On pratique également « La Chiche »: une réunion dont le lieu est prévu à l’avance, rassemble des invités autour de la cheminée de l’hôte du soir pour «  causer » et s’amuser, coudre et grignoter. Des quatre coins du village, les participants arrivent avec leur chaise sur la tête. En ces temps difficiles, cette coutume contribue également à épargner le bois de chauffage sans chauffer toutes les maisons à la fois.

 

Un défilé de carnaval vers 1920.

 

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Vendredi 27 Octobre 20061 commentaire(s)