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L'Usine de la SAV

 

                                   L’usine

 

 

(Tout ce chapitre est emprunté au mémoire que j’avais présenté lors de ma sortie de l’Ecole Normale en 1965, et qui avait pour titre: «  La fermeture de l’usine d’Aubrives »)

 

HISTORIQUE

 

Les usines d’Aubrives datent de 1858. On ne sait pas exactement quel en fut le fondateur, car vers 1860, elle compte simplement un atelier qui est la propriété de deux associés.

En 1894, se constitue la Société Métallurgique d’Aubrives et Villerupt ( S.A.V).

Les usines de Villerupt, pour leur part, datent du XVème siècle environ. Elles se situent à l’extrémité du bassin minier de Longwy;, à la frontière du Grand Duché de Luxembourg, dans le département de Meurthe et Moselle.

L’association de ces deux usines conduit à des spécialisations, c’est ainsi que:

·                 A Aubrives se trouveront les fonderies et ateliers de construction

·                 A Villerupt, seront groupés les mines de fer, les hauts-fourneaux et également d’autres fonderies.

 

L’apogée économique se situe, à Aubrives, vers les années 1930. A cette époque, elle occupe 600 ouvriers, dont une cinquantaine de femmes concentrées dans un atelier de «  Torcherie » ( le rôle de cet atelier est de confectionner des torches de paille pour placer autour des «  noyaux » de fonte.

Seulement, quelques années plus tard, les torches arrivent toutes faites, et la direction de l’usine se voit obligée de supprimer cet atelier spécial. Les femmes sont donc réparties dans les ateliers de « noyauterie » ou utilisées comme « pontonières »

Vers 1934, une crise de production survient. On décide de ne plus fabriquer de tuyaux, cette industrie n’étant plus rentable. Subitement, le total des ouvriers  tombe à 350 ( plus 45 appointés).

Les ouvriers sont obligés de s’exiler vers la vallée de la Meuse ( Fumay, Haybes, et surtout Revin), où les places sont nombreuses, bien payées, et surtout beaucoup plus stables.

A compter du 8 novembre 1960, un nouveau changement survient. Le groupe sidérurgique de Pont à Mousson, devenant majoritaire des actions, absorbe la Société Aubrives et Villerupt, qui garde toutefois son nom, mais qui conduira à une nouvelle orientation des productions.

Au point de vue effectif, le nombre d’ouvriers se stabilise, jusqu’en 1963, autour de 350 à 380.

 

L’activité de l’usine

 

La fonte utilisée arrivait de l’usine de Villerupt qui, elle, possédait les mines et les hauts-fourneaux…….par wagons SNCF (* directement dans l’usine, sous la forme de «  gueuses ») et à partir de 1961, par camions.

La fonte phosphoreuse fut remplacée pendant un certain temps par de la fonte hématite; ce changement dans la qualité était nécessité par la production de pièces coulées pour machines outils, à la suite des démarches entreprises par les sociétés SOMUA et ERMAUT. Il y eut également des productions effectuées, grâce à cette variété de fonte, pour les camions SAVIEM.

Enfin, le sable, le coke, les ferrailles, arrivaient régulièrement par wagons SNCF, à la cadence de quatre wagons par jour environ.

LES SPECIALITES DE L’USINE

 

 

Des tuyaux pour conduites d’eau, de gaz, d’air, de mazout….. et des raccords pour ces tuyaux.

Des appareils de fontainerie et tous les accessoires pour distribution de l’eau, tels que: robinets-vannes, bornes-fontaines, bouche d’arrosage, de lavage et d’incendie, clapets de retenue, crépines, bondes de fond, ventouses, robinets d’arrêt à boisseau et à clapet.

Des sabots de freins pour wagons et tramways.

Des barreaux de grilles pour locomotives.

Des blocs de lestage.

Des « bittes d’amarrage » pour la navigation, des fontes usinées pour appareils hydrauliques.

 

LES PRODUCTIONS

 

En 1960, la production des usines d’Aubrives, était, par semaine, de:

·                 80 tonnes de tuyaux.

·                 380 tonnes de raccords de canalisation et de petites pièces.

·                 60 tonnes de pièces pour le montage des appareils

·                 80 tonnes de tables de regard et de grilles d’égoûts.

Cette production était dirigée vers Villerupt par chemein de fer, à raison de 6 wagons par jour.

 

Cependant, cette production de 1960 ne fut pas la seule forte.

En 1930, la production était de 600 tonnes par mois.

En 1958, la production des raccords atteint 600 tonnes…..

En 1962, la production n’atteint plus que 4 à 500 tonnes par mois.

Enfin, dès le début de novembre………. la production est dérisoire.

 

LES COMMANDES

 

Les commandes étaient directement adressées à l’Usine de Villerupt, qui se chargeait de les transmettre à Aubrives.

Elles provenaient indifféremment de tous les pays du monde, mais on note surtout de grosses commandes d’ARGENTINE, du PEROU, d’INDOCHINE, d’ALGERIE, TUNISIE, MAROC, de YOUGOSLAVIE….

Sur la fin, on note encore des commandes du LIBAN, de l’IRAN et d’URSS.

 

Quelques exemples de travaux ……..

·                 De 1935 à 1958, pour EDF/GDF, 29640 tonnes de tuyaux

·                 De 1935 à 1958, encore, pour la société SECONAM ( Afrique du Nord), 16090 tonnes de tuyaux

·                 Pour l’Argentine, 41000 tonnes

·                 Pour le Brésil:17250 tonnes pour RIO DE JANEIRO;  24000 tonnes pour SAO PAULO

·                 De 1904 à 1905, pour le Mexique ( Ville de CORDOBA) 11000 Tonnes

·                 De 1937 à 1957…..une livraison de 3880 tonnes de tuyaux pour la ville de Charleville

 

Carte postée en 1907.

Carte postée en 1922

L'usine vers 1950

 

La société Métallurgique d’Aubrives & Villerupt

(d’après le Bulletin municipal du 14 Octobre 1989)

 

La Société d’AUBRIVES et VILLERUPT a été constituée le 15 Septembre 1894, date à laquelle la Société d’Aubrives reprit à la société de CHATILLON-COMMENTRY-NEUVES MAISONS, le bail qu’elle détenait sur les Mines et Usines de Villerupt.

 

Mais, avant cette réunion, les deux branches constituant la S,A.V. avaient eu leur existence autonome. C'est ainsi que l’Usine d'AUBRIVES a été fondée en 1858 par la Société  DE VENNES de LIEGE.

 

En 1881, un incendie détruisit la presque totalité de l’Usine, mais elle fut immédiatement reconstruite et considérablement agrandie

 

 

En 1884, Monsieur de LA VALLEE POUSSINS constitue avec l’Usine d'AUBRIVES une Société dénommée "Société Anonyme des Forges et fonderies  d'AUBRIVES". Cette Société fut mise en liquidation en 1887 et vendue à Monsieur CASSION BON.

La Société Générale de Belgique acquit des intérêts importants dans la Société ; c’est elle qui en provoque la liquidation par une décision de l’assemblée du 21 Août 1894, en raison de l’apport de l’actif dans la formation, avec les Usines de Villerupt, d’une nouvelle société dénommée “ Société Anonyme Métallurgique d’AUBRIVES & VILLERUPT ”, qui fut constituée le 15 Septembre 1894, par actes passés  devant Maîtres DUFOUR et CHAMPETIER DE RIBES, notaires à Paris.

A cette époque., l’Usine était desservie par un raccordement avec les Chemins de Fer de l’Est et par les gares de GIVET et VIREUX ( AUBRIVES n’était qu’une halte ouverte au service des voyageurs). Un canal d’embarquement, relié à la Meuse, la mettait en communication avec tout le réseau des canaux français et belges et lui facilitait ses approvisionnements en matières premières et ses expéditions en produits finis.

L’Usine était spécialisée dans la fabrication des tuyaux pour conduites d’eau, de gaz, d’appareils de fontainerie ( robinets, vannes, bouches d’incendie, bornes fontaines… du matériel de chemin de fer et des tramways, de fontes mécaniques…) et écoulait sa production sur les cinq continents.

La Société connut une période difficile durant les années 1900 en raison de la concurrence des autres producteurs tuyaux en fonte.

Grâce à l’apport de nouveaux capitaux et d’une gestion rigoureuse, les résultats positifs suivirent: voici un extrait du journal «  L’Usine » qui en atteste ( 1910).

 

" Cette importante Société Métallurgique continue, sous l'énergique impulsion de ses nouveaux directeurs, à augmenter sa vitalité et à accroître encore la prospérité auxquelles l'avait amenée l'ancien Directeur, Mr JACQUEMART. L'Exposition de BRUXELLES l'a témoigné manifestement par son stand magnifique et même grandiose, lequel représentait la synthèse de sa fabrication de toutes les fontes qui entrent dans les canalisations d'eaux et qui représentent un tonnage annuel de 50 000 tonnes minimum. Aussi, le jury lui a décerné un diplôme d'honneur, récompense qui a un mérite tout particulier quand on sait qu'elle se trouvait dans la section de la grosse métallurgie, à côté des plus puissantes firmes de notre industrie française..."

 

Pendant la guerre 14/18, l’Usine subit la rigueur de l’occupation. Après avoir cessé la fabrication entre 1914 et 1916, l’Autorité Allemande pria le Directeur de remettre l’Usine en marche, en vue d’y effectuer les fabrications qu’elle lui demanderait. Ce dernier s’y refusa et les Allemands prirent possession de l’usine le 18 Juillet 1916, en expulsèrent tout le personnel et assurèrent eux-mêmes la gestion.

 

En raison de l’opposition mise par les ouvriers de l’Usine à travailler pour les Allemands, ces derniers firent arrêter le Directeur, Monsieur BERTIN et son adjoint, Monsieur MASSON, et les firent enfermer dans la forteresse de Namur, où ils subirent 3 mois de captivité; ils ne furent libérés que moyennant une caution de 200 000 francs.

 

Durant cette période, la majeure partie des appareils de fontainerie qui restaient en magasin furent détruits pour en retirer le bronze, le caoutchouc, le cuir. Au dernier moment, lors de l’évacuation de Novembre 1918, des destructions systématiques furent amorcées, mais les Allemands n’eurent pas le temps de les continuer.

 

Après l’Armistice, la Société reprit possession de son usine dont les éléments essentiels ( bâtiments, machines, gros outillages) étaient à peu près intacts, mais dans un état pitoyable, par suite du manque d’entretien; en outre, tout le petit outillage, les approvisionnements, magasin et stocks avaient pratiquement disparu en totalité.

 

La réorganisation industrielle, malgré toutes les difficultés de cette période d’après-guerre, fut rapide. L’Usine, limitée surtout par le manque d’ouvriers, ne tarda pas à reprendre son activité d’avant-guerre. L’effort de modernisation se poursuivit jusqu’en 1930, date de son apogée. A cette époque, on comptait environ 800 personnes, dont une cinquantaine de femmes. La crise que traversa l’industrie sidérurgique dans les années1930 à 1934 fit tomber le personnel à 400 personnes.

 

En 1936, l’Assemblée Générale décida le transfert du siège social à VILLERUPT dont l’Usine était beaucoup plus importante. Durant la seconde guerre mondiale, la production fut continue, l’occupant allemand ayant besoin des tuyaux pour les réparations en Allemagne, consécutives aux bombardements.

 

Jusqu’en 1955, la Société assura une certaine prospérité.

 

En 1960, la S.A.V. fut absorbée par le groupe sidérurgique de PONT A MOUSSON, qui restructura la production des différentes unités pour fermer définitivement l’Usine le 28 Mars 1964. Cette fermeture fut reçue comme un choc par toute la population aubrivoise.

 

              (  Les chapitres “  la vie sociale dans l’usine ” et “ l’Usine dans le village ” sont le résultats d’un travail effectué dans le cadre d’un stage à l’école Normale en 1984 par les Instituteurs suivants : TERNISIEN Gérard, MORLET Joël, MARTIN Joël)

 

 

1 - La vie sociale dans l'usine:

 

 

 

Le jeune pouvait entrer à l'usine dès la fin de sa scolarité, c'est-à-dire 12 ans dans un premier temps, et 14 ans par la suite. Placé sous 14 survei1lance d'un bon ouvrier, il apprenait sur le tas son futur métier.

 

Après 1940, la S.A.V., crée un Centre d'apprentissage dans l'usine, animé par quelques bons ouvriers pour la partie technique et des diplômés pour la partie théorique. Les élèves sont présentés aux épreuves du certificat d'aptitude professionnel.

 

Un ouvrier pouvait prétendre à une promotion (chef d’équipe, contremaître, à deux conditions essentielles: 

  - La qualité exemplaire de son travail,  .

- Le dévouement total et visible à l'équipe dirigeante de l'usine.

 

L'ouvrier recevait, suivant ses mérites, des distinctions (médailles, diplômes) récompensant plusieurs années de bonne conduite, de dévouement et de fidéIité à l' employeur .  .

Voici un extrait de discours prononcé par Monsieur JACQUEMART, (Directeur de la S.A.V. et Maire d'AUBRIVES jusqu'en 1909) , à l'occasion d'une remise de médailles

“ J'ai voulu donner, cette année. un éclat tout particulier, à la célébration de la Fête Nationale du 14 juillet, pour vous prouver tout le prix que j'attache aux distinctions dont vous allez être l'objet. La médaille d'honneur que seize d'entre vous vont recevoir, leur est décernée par la gouvernement de la République à titre de récompense pour leurs bons et

loyaux services. Pour l'obtenir, il vous a fallu fournir trente années de labeur constant et régulier, par conséquent trente années de bonne conduite, de dévouement et de fidélité à ceux qui vous ont employé. C'est donc toute une noble existence de travail qui reçoit ici, en chacun de vous, sa récompense et vous l'avez bien méritée.

A tous ces titres, mes amis, vous avez aujourd'hui le droit d'être heureux et fiers, et je vois à votre émotion que cette journée sera parmi une des plus belles de votre vie.

Vous conserverez précieusement la médaille, et le diplôme qui vont vous être remis; vous leur donnerez la place d'honneur à votre foyer, afin que vos enfants et petits enfants puissent se rappeler en les regardant que c'est par le travail et la fidélité au même patron que l'on parvient à conquérir l'estime de tous les gens de cœur dont je suis heureux de vous transmettre l'assurance aujourd'hui.  "

 

Devenir employé et bénéficier de certains privilèges (paie continue par mensualisation, même pendant les périodes de maladie, bien avant l'institution de la Sécurité Sociale, droit de chasse, attribution d'un logement plus spacieux, etc…) , était chose très rare pour un ouvrier.

Avant 1936, un ouvrier travaillait 54 heures par semaine (6 jours à 9 heures), durant 52 semaines. Seuls les dimanches, quelques fêtes religieuses, la Saint ELOI, étaient chômées. 

 

En 1936, la semaine est ramenée à 48 heures, les salaires augmentent substantiellement.

 

La première semaine de congés payés est attribuée aux ouvriers qui ne quittent cependant pas le village, faute de moyens.

 

Jusqu'en 1936, Il n'y a eut aucune vie politique et syndicale dans l'usine. Les ouvriers se gardaient bien d'afficher leurs idées (même à l'extérieur), car s'opposer à l'équipe dirigeante, pouvait entraîner le renvoi pur et simple, suivi du refus d'embauche par les usines avoisinantes du secteur.

 

En 1936, apparaît un syndicat C.G.T., crée par des gens venus de l'extérieur d' AUBRIVES. La direction riposte en instituant un syndicat d'employés, et supprime des activités gratuites qu’elle organisait pour son personnel: Harmonie, théâtre …

Carte postée en 1925

 

2 - L'Usine et le Village.

                                        La population

A l'époque de son apogée, l’Usine a employé 800 personnes. Bien entendu, cette main d'œuvre n'était pas exclusivement locale. Une population étrangère nombreuse est venue s'installer dans le village:

- les travailleurs belges: Ils venaient, pour la plupart, à pied ou a bicyclette des villages avoisinants (Gimnée, Vaucelles, Doisches, Romedenne, Beauraing, jusque WELLIN) le lundi matin très tôt et repartaient le samedi, en fin d'après-midi.

Ils travaillaient, cuisinaient et se nourrissaient dans l'usine de victuailles qu'ils avaient apportées pour la semaine. Le soir, ils fréquentaient les "bistrots" (nombreux) du village.Ils dormaient dans les combles (sommairement aménagés en dortoirs) de ces bistrots.  :

                         - les travailleurs italiens: Ils arrivèrent d'abord seuls, des “ Marches ” et de l' Italie du sud. Ils firent venir leur famille, dans les trois ou quatre années qui suivirent et se logèrent dans les “ BARAQUES ” (baraquements en bois). Ces habitations sont toutes disparues; elles étaient situées dans l'actuelle rue des Chalets.

Les " HLM" et les "Baraques".

    Cette affiche de 1939 témoigne de la présence des Italiens dans la vie associative aubrivoise.

   Barrée aux couleurs italiennes et françaises, elle montre aussi combien la communauté s’est fondue rapidement dans la vie du village.

 

- les travailleurs nord-africains: Ils arrivèrent après 1945, d'abord seuls, et occupèrent LA CANTINE de l'Usine, aménagée dans le Centre du village. Ces bâtiments rénovés ( l’ancienne ferme Burniat) existent toujours; ils ont été transformés en maisons d'habitation. L'immeuble collectif comprenait 21 chambres et 108 lits.

Puis ils firent venir leur famille quelques années plus tard et occupèrent progressivement les H.L.M. construites à partir de 1950.

.LES HABITATIONS (Les cités)

Les cités vers 1950.

  L'usine était propriétaire de 44 maisons, formant 98 logements de 2 à 11 pièces, avec 96 jardins.

  Le lotissement "DES CITES" a été construit en deux étapes: de 1890 à 1910 et de 1930 à 1940.

Les logements étaient pratiquement gratuits et attribués selon le poste occupé dans l'Usine. Leur entretien était assuré par un service spécial de l'Usine.

Pratiquement toutes les maisons avaient une surface identique et étaient distribuées de la façon suivante:

- la famille d'un ouvrier occupait 1/4 de la Maison,

    - la famille d'un employé occupait 1/2 de la Maison,

    - la famille d'un ingénieur occupait la maison complète

 

Le Directeur, quant à lui, occupait le "Château" contigu à l'usine (Face au square actuel de la Salle des Fêtes). On pouvait ainsi surveiller l'entrée et la sortie des ouvriers.

 

Les maisons des ingénieurs étaient situées en tête de chaque rue des cités  (surveillance des allées et venues des ouvriers).

Un changement de classification au travail entraînait un changement de logement plus vaste,

  L'ouvrier avait droit à deux lampes électriques dans son logement, alors qu'un employé possédait l'éclairage dans toutes les pièces. ( L’électricité était produite et acheminée par l’Usine elle-même).

 

 

LA VIE DANS LE VILLAGE

Nous relatons, ci -après, un extrait du discours, datant de 1910, de Monsieur BERTIN, directeur de l'Usine de 1909 à 1935, qui vante les bienfaits apportés par la S,A. Villerupt au village d'AUBRIVES.

 

“ Il y a quinze ans, AUBRIVES était un véritable bourbier. A présent, les ruisseaux sont couverts, les rues bordées de caniveaux, l 'hygiène est partout. Les lampes électriques dans les rues les plus propres vous apportent gratuitement la lumière dans les soirées d'hiver. Toutes améliorations pour lesquelles le concours de l'Usine n'a jamais fait défaut. ”

L'usine a apporté un plus dans la vie sociale et culturelle du village.

Voici un autre extrait du discours de M. BERTIN, qui illustre ces propos, prononcé lors de l'inauguration de la Salle des Fêtes (1909) aux membres du personnel:

"La S.A. Villerupt aide de son mieux tous vos essais de solidarité. Elle subventionne votre mutuelle, elle s'intéresse à votre coopérative, elle a aidé l'installation et contribue à l' entretien d'une garderie d'enfants. Elle a crée une Ecole d' apprentissage. Elle a décidé d'aider les parents à préparer une situation à leurs enfants: c'est ainsi qu'elle accorde les bourses aux fils d'employés et d'ouvriers qui seront admis au concours d'entrée dans une des Ecoles Nationales d'Arts et métiers  "  .

La Salle des Fêtes, construite en 1910, était “ la Salle des Familles, la Demeure de la joie ”.

L'accès de cette Salle était gratuit et réservé au personnel de l'usine et à leur famille…

                         

 

On retrouvait là aussi la hiérarchie de l'usine dans le placement des spectateurs: le balcon réservé au patron et ingénieurs, le fond de la Salle aux employés, les places avant aux ouvriers.

  Dans cette salle, on organisait du théâtre, des séances de cinéma, des concerts (Harmonie de l'usine) des fêtes diverses (Fête de Noël, Fête des Mères, Fête de la remise de Médailles, Fête de la Saint Eloi, de Saint Bolèche ...) 

Après la première guerre mondiale, l'usine crée un parc des sports, qui est encore utilisé de nos jours.

En conclusion de ce chapitre, nous reprendrons une phrase prononcée par madame MASSON, (épouse de l’ancien sous-directeur et fille de Monsieur Grunenberger), ( lors de l’interview qu’elle avait accordée aux trois auteurs de cet article) et qui illustre parfaitement ce que l’Usine représentait pour la Commune.

                   "LE VILLAGE, C'ETAIT L'USINE".

 

 

 

 

Malgré les espoirs qu’avaient fait naître  les bonnes marches des années 60, 61, certaines rumeurs refroidissent les ardeurs ; et ces rumeurs ne tarderont pas à se confirmer de plus en plus…..

Après bien des déceptions et des désillusions en 1963, le 28 MARS 1964, l’usine ferme officiellement ses portes, sans qu’aucun repreneur se soit manifesté.

Voici à ce sujet, un descriptif rédigé par la Société Pont à Mousson et destiné aux entreprises susceptibles d'assurer une reprise.

 

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Le Samedi 28 Octobre 2006
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